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ARAGON43

ECONOMIE : SORTIR DE L'IMPASSE

25 Février 2016 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #ECONOMIE

ECONOMIE : SORTIR DE L'IMPASSE

Utiliser l’argent autrement

«Sortir de l’impasse économique », c’est l’appel que nous avons lancé, avec de nombreux économistes. Car les difficultés de chacun empirent chaque jour et le monde est au bord d’une nouvelle crise financière et globale, peut-être plus grave que la précédente.

Le sentiment prévaut de la catastrophe à venir, mais sans les moyens de la conjurer! Nous appelons ainsi à ouvrir un débat sur un plan de sortie de crise en trois volets:

  • « un nouveau pacte productif à la fois écologique et social », concernant de fait les entreprises et les services publics,
  • « un programme de soutien à l’activité économique et à l’emploi »
  • et une remise en cause des « règles néolibérales » de l’Union européenne. La France doit « proposer cette réorientation à ses partenaires ».

Il faut un mouvement populaire citoyen pour une autre utilisation de l’argent. Car combattre le monopole culturel et de pouvoirs sur l’argent, utilisé pour le profit et l’accumulation contre l’emploi, le social, les dépenses publiques et pour spéculer, est au cœur des moyens d’en sortir.

Et passer sous silence le rôle des banques et de la BCE pour une issue, c’est ou bien faire preuve de l’ignorance la plus crasse, ou bien tromper le « bon peuple » avec des paroles pompeuses et des promesses grandiloquentes que l’on est décidé par avance à ne point tenir.

Les idées néolibérales mènent à une impasse.

La guerre sociale intérieure actuelle débouche sur une guerre antisociale et économique extérieure sans fin. Chacun cherche à exporter au détriment de l’autre en baissant ses coûts salariaux et en comprimant sa demande intérieure, de l’Allemagne à l’Espagne en passant par la France.

Soutenir une tout autre activité et l’emploi et desserrer l’étau européen néolibéral sont nécessaires. Mais comment ? La question est là.

Il ne suffit pas d’une politique keynésienne « traditionnelle » de soutien à la demande, même amendée d’une orientation écologique. Il faut une deuxième jambe : celle de l’offre, la production. Et entre les deux, la finance et le crédit.

Pour une autre production matérielle et de services, il faut combattre et dénoncer ce que font les banques et la BCE, en faire peu à peu des leviers décisifs d’une alternative réussie. C’est aussi une question de démocratie qui unifie les peuples de toute l’Europe. Il n’y a qu’à voir le début de succès de la campagne internationale « Quantitative easing for the people », ou encore la campagne trop tôt arrêtée sur le coût du capital.

Car une issue réussie exige une autre efficacité productive et des pouvoirs sur les financements. Elle exige de contrer la croissance financière et faire reculer le coût du capital pour engager d’autres dépenses qui vont permettre une autre efficacité.

Les banques et le grand patronat des entreprises, appuyés par la politique Hollande-Valls-Macron et le projet El Khomri, jouent en réalité pour l’essentiel contre cette orientation ! avec une fuite en avant dans les licenciements à tout va, les délocalisations, la spéculation, le gonflement des profits, la baisse du coût du travail et des dépenses publiques et sociales.

Au contraire, les banques et les entreprises doivent financer de nouveaux investissements matériels et de recherche à bas taux s’ils développent les salaires, mais aussi la formation, les emplois, et économisent les rejets et les consommations de matières. Une autre efficacité c’est aussi que la BCE appuie un développement massif des services publics, particulièrement pour développer les capacités de toutes et tous. Cela tirerait en outre immédiatement la demande.

Il y a trois urgences:

  • Créer un fonds européen de financement des services publics nationaux et locaux, à taux zéro, financé par le quantitative easing de la BCE (1500 milliards d’euros), intercalé entre elle et les États nationaux, et démocratique. Les traités existants le permettent!
  • Utiliser et élargir le pôle public bancaire (dont la BPI) pour faire levier sur les entreprises, avec des pouvoirs démocratiques sur le crédit et sur les entreprises (utilisation de leurs crédits et profits).
  • Réformer, oui, le Code du travail, mais pour aller vers une sécurité d’emploi ou de formation où ce n’est pas le marché et le patron qui maîtrisent les mobilités, mais les gens pour un développement des personnes, appuyés par de nouveaux droits et pouvoirs et un service public de l’emploi profondément refondu, cherchant ensemble une tout autre efficacité économique.

Frédéric Boccara

Economiste, membre du Conseil économique social et environnemental, membre du CA des économistes atterrés, membre du CN du PC

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