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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

LES VOEUX DU PRESIDENT

Publié le 27 Décembre 2015 par aragon 43 in HUMOUR

LES VOEUX DU PRESIDENT

HUMOUR IRONIE ET FICTION : LES VŒUX DU PRESIDENT A UNE FAMILLE DE GAUCHE

Le Président de la République a décidé pour la nouvelle année de faire directement ses vœux dans une famille pauvre du Nord-Pas de Calais Picardie sans passer par la télévision.

Voici donc le récit d’une rencontre imaginaire et malicieuse ( le nom de famille Czeslaw Adamczew choisi n’a rien à voir avec qui que ce soit en réalité).

Cette visite se passe dans une ville du Nord Pas de Calais Picardie ravagée par les politiques d’austérité et la casse industrielle qui en a résulté.

Le président : Bonjour Monsieur Czeslaw Adamczew, meilleur vœux à vous et à votre famille.

Czeslaw Adamczew : Merci Monsieur le Président.

Le président : Vous vous plaisez dans notre pays ?

Czeslaw Adamczew : Mais, Monsieur le Président, je suis né en France, mes parents sont venus de Pologne il y a très longtemps, ils ont travaillé dans les mines, mon père est mort en déportation, il était résistant communiste. Moi je suis un ancien ouvrier retraité de la sidérurgie et les patrons que vous défendez si farouchement m’ont licencié en 1984.

Le Président : Excusez moi, mais avec votre nom, j’ai cru que vous étiez un « immigré de souche ».

Czeslaw Adamczew : Monsieur le Président, ici nous sommes nombreux portant des noms d’origine plus ou moins lointaine comme ceux des pays de l’Europe de l’est ou bien de L’Afrique ou de l’Asie.

Vous connaissez, je suppose, d’autres « expatriés », ils sont français de « souche » dit-on - ils ne sont pas très reluisants - ; ils portent des noms attachés au lexical français mais ils se comportent contre la France : il s’agit de certains de ces grands patrons du Nord, qui, ayant fait fortune, exportent leurs revenus dans les paradis fiscaux et déplacent leurs résidences en Belgique de l’autre coté de la frontière pour ne plus payer d’impôts.

Monsieur le Président, ce n’est donc pas toujours « le nom propre » qui fait la qualité d’être français mais plutôt le fait de vivre ENSEMBLE depuis des générations dans cette terre de France que nous aimons tous et je suis « un chti » en plus.

Le Président : Comment va votre famille ?

Czeslaw Adamczew: Très mal !

Le président : Ils ont des problèmes d’intégration ?

Czeslaw Adamczew : J’aurais préféré que vous me parliez de leur avenir ; mais, voyez-vous, depuis que vous êtes au pouvoir, ils sont sans travail et pourtant ils ont tout ce qu’il faut comme formation pour travailler, parfois ils trouvent des boulots de fortune comme on dit et quelques heures par ci par là et pourtant le patronat les accuse d’être des fainéants.

Le Président : Je comprends, mais vous savez c’est la crise, il faut faire des économies sur le social et rendre nos amis les patrons compétitifs et il faut bien rembourser nos dettes !

Czeslaw Adamczew : Nos dettes…. vous plaisantez… ce sont les dettes des banquiers et des voleurs de la finance que vous nous faites payer !

Le Président : Cà, c’est un discours CoOOmmunistes !

Czeslaw Adamczew : Ici, vous êtes mal tombés pour vos vœux, nous sommes une famille communiste, nous avons toujours lutté pour le bonheur du peuple et c’est vous qui le rendez malheureux alors que vous aviez dit que votre ennemi était la finance.

Le Président : Avec vos critiques vous favorisez le FN et Marine Le PEN !

Czeslaw Adamczew : C’est vous qui favorisez l’extrême droite avec les dégâts de votre politique dans le Nord, comme vos prédécesseurs, tout cela donnent de l’eau au moulin à la fille à Le PEN !

Le Président : Mais, regardez dans votre région, n’est-ce-pas elle qui a reçu la confiance des gens aux régionales ?

Czeslaw Adamczew : je vous ai déjà dit que je suis français et communiste et je n’ai rien à voir avec cette femme qui crache son venin !

Le Président : Oui mais Madame le Pen dit que certains viennent d’ailleurs et bien sûr je n’emprunterai ce langage !

Czeslaw Adamczewski : Vous savez dans cette région, nous sommes presque tous issus de l’immigration et des invasions. Avez-vous remarqué comment nous nous sommes confondus les uns et les autres aux fils des siècles et en plus nous sommes mêmes devenus des « CHTIS » .

J’espère que vous n’allez pas demain considéré « les chti » comme des français de seconde zone avec vos règles sur la déchéance ?

Nous parlons le Français et le picard en « patois chti » et chacun avec des intonations différentes et même les flamands du coté de Cassel et de Bergues parlent « le chti » maintenant. Sans compter les espagnols dont ils restent beaucoup de vestiges dans notre région tant en histoire qu’en noms ibériques avec les occupants du temps de la présence de Charles le Quint dans le Nord et en Belgique. Et le mieux, c’est que maintenant les arabes deviennent eux aussi des « chtis », ils aiment cette région qui est la leur comme elle fut nôtre quand vos amis les patrons des mines de charbon nous embauchèrent, nous, venant des pays de l’est, pour des queues de cerises dans les années trente.

Le président : Oui, mais certains disent « les arabes c’est pas pareil » ?

Czeslaw Adamczew : C’est ce qu’a réussi à mettre dans les têtes la fille à Le Pen qui vient dans le Nord non pas pour défendre les gens mais pour profiter de l’indignation et de la colère des gens et votre histoire de déchéance, c’est dans son programme électoral.

Le président : je vais faire mettre dans la constitution que les Français peuvent être de différente nature : ceux qui sont d’origine française et les autres appelés binationaux.

Czeslaw Adamczew : Mais, Monsieur le Président, vous en faites des citoyens de seconde zone ! Ici, dans cette région, nous avons vécu ensemble et construit cette région du Nord : « la racine » c’est notre vivre ensemble et nous avons lutté contre le nazisme qui a fait beaucoup de victimes parmi les résistants français, espagnols, portugais, italiens, polonais, algériens, tunisiens, marocains etc. Nous avons sué sang et eau pour cette région et nous sommes français et « la souche » comme il est dit couramment par ceux qui édictent la dissemblance, authentifie le racisme. Dans ce Nord et ailleurs nous faisons racine depuis des siècles les uns et les autres.

Savez-vous que nous avons permis le redressement de la France par le charbon à la libération et tous y ont contribué, qu’ils soient français, polonais, maghrébins, italiens etc.….

Le Président ; je fais juste une séparation pour pouvoir frapper les terroristes.

Czeslaw Adamczew : Les terroristes doivent être punis par la justice. En considérant que nos enfants et petits enfants soient dévisagés comme français de seconde zone vous rendez service aux théories racistes et xénophobes du FN qui est ravi de voir le Président de la République épouser ses thèses de déchéance de la nationalité française.

Le Président : Mais c’est symbolique !

Czeslaw Adamczew : Symbolique ou un coup politique de votre part pour rafler des voix à Sarkozy et à la fille Le Pen, qui eux, utilisent y compris le religieux pour opposer les croyances entre elles ?

Vous jouez avec le feu Monsieur le Président avec ce que Berthold Brecht appelait « la bête immonde » et les intolérances religieuses ne sont pas si lointaines que cela avec l’antisémitisme hier et aujourd’hui le risque existe avec l’Islam avec les mosquées incendiées en Corse.

Le Président : Je vois que vous n’appréciez pas cette France « éternelle et chrétienne » que développent le FN et Sarkozy.

Czeslaw Adamczew : Ce sont des propos blessant d’autres opinions de la population et le mot d’ordre « nous sommes chez nous » est un péril qu’il ne faut pas encourager par des politiques opportunistes.

Bientôt, monsieur le Président, à chasser sur le terrain de la droite et du FN, surgira le remise en vigueur de la peine de mort que votre ami Badinter et la gauche avaient supprimé en 1981 et qui avait fait l’honneur de la France dans le monde.

Par vos décisions tant sociétales que sociales, vous faites mal à notre France d’aujourd’hui et surtout au monde du travail.

Le Président : Vous me choquez….

Czeslaw Adamczew: Vous choquez… non… je vous dis la vérité, vous faites fausse route, et avec des politiques comme la vôtre, l’extrême droite trouve le carburant nécessaire pour continuer à diviser les Français.

Le Président : je suis venu vous souhaiter les meilleurs vœux et vous me recevez ainsi !

Czeslaw Adamczew : Ici, dans ma maison, ne rentre que des amis et camarades et non ceux qui divisent le monde du travail et les Français.

Votre attitude et vos décisions contre le monde du travail sont entrain de faire le malheur de la France. Un Président de la République doit être le président de tous les français, vous consignez par votre idée de déchéance des français binationaux, qu’ils sont des français de seconde zone : cela leur est insupportable.

Monsieur le Président gardez vos vœux et passez la porte.

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