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ARAGON43

APRES LES REGIONALES QUE FAIRE ?

22 Décembre 2015 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #communisme

Lutter c'est vivre et c'est changer la société
Lutter c'est vivre et c'est changer la société

COMMENT FAIRE ?

Le résultat des Régionales me laisse abasourdi. Et, comme tous ceux et celles épris de communisme, je livre brut de fonderie ces quelques réflexions qui me viennent quand après la tempête, qui a tout détruit, il s’agit non pas de faire quelques réparations de fortune à la maison mais de lui donner une assise nouvelle pour qu’elle tienne ferme malgré les tornades que déclenche le système capitaliste en crise.

Les résultats des élections régionales montrent à quel point la situation politique est compliquée et le monde du travail n’y trouve plus les points de repères utiles pour se positionner face à un système qui travaille les divisions pour continuer à dominer coute que coute.

La montée l’extrême droite est le produit de ce système.

L’histoire nous montre que dans les périodes où la forme sociétale dominante est mise en difficulté, celle-ci utilise les artefacts pour se maintenir au pouvoir. Il faut donc passer de l’ancien au nouveau et ce nouveau, il faut le dire, a du mal à se frayer un chemin à travers les contradictions objectives d’un système en crise mais aussi des contradictions internes dans ce qui est le nouveau.

C’est le cas du Front de gauche qui n’a pu jusqu’à présent émerger.

Nous sommes à une période où la bataille est intense entre l’ancien qui utilise toutes les facettes de son pouvoir et le nouveau qui peine à trouver le chemin pour dépasser le capitalisme devenu l’ obstacle majeur au progrès de l’humanité.

Le nouveau doit surpasser ses propres contradictions et il ne peut le faire que s’ il créé du neuf et un manifeste qui précise comment y parvenir.

Pour l’instant la classe dominante, celle de l’argent roi, tient la rampe et domine en déconstruisant le social et en laissant un champ de ruines économique, social et sociétal. Marx avait résumé cette situation dans le Capital en observant la suraccumulation et la dévalorisation du capital et ses conséquences sur le prix de la force de travail quand il s’agit pour le capital de relever le taux de profit à tout prix.

Nous sommes en plein dedans.

Une société périmée mais qui compte garder le pouvoir malgré tout et envers l’intérêt général. Elle n’hésite pas à utiliser les ressorts les plus abjects que constitue son armée de réactionnaires. Je veux parler de l’extrême droite, organisation politique ayant vocation de porter secours à la société capitaliste quand celle-ci est en crise structurelle, et chacun peut se rappeler comment elle agit en ces circonstances à travers l’histoire de la droite française

On peut dire aujourd’hui que le bête immonde est à nouveau à l’œuvre pour le capital et la société dominante a lâché ses « mâtins ».

Dans ces moments il faut garder notre sang-froid.

Il s’agit de se poser les bonnes questions.

Par exemple, comment se fait-il que dans une telle crise, le monde du travail s’abstient et pour la partie la plus désespérée se tourne vers l’extrême droite représentée par le Front National ?

Ce monde du travail serait-il devenu sourd au point qu’il en oublierait ses fondamentaux !

Non…. il ne comprend pas cette situation parce que les choses sont devenues incompréhensibles quand les fondamentaux de classe ont été mis plus ou moins sous le boisseau ou tout moins manquant d’une prise en compte de l’évolution des rapports sociaux et de la production.

Ne vit-il pas depuis des décennies une surexploitation et un abaissement considérable de ses droits sociaux sans voir se dégager des perspectives claires pour engager les combats d’aujourd’hui et non ceux d’une nostalgie passéiste.

Ne vit-il pas difficilement et avec colère cette précarité et ce chômage qui le rend de plus en plus vulnérable et malheureux.

Ne vit-il pas des conditions de travail qui l’aliènent profondément et le rendent fragile face à l’individualisme présenté comme la seule porte de salut.

Pourquoi alors ne réagit-il pas à cette surexploitation qui le bafoue et le rend assujetti à l’absolutisme patronal ?

Et en même temps pourquoi il ne s’indigne pas à la hauteur qu’il faudrait face à cette tyrannie de la financiarisation de l’économie et des profits scandaleux des grands groupes capitalistes ?

Voilà des sujets qui méritent réponse et qu’il est possible de se sortir de ce guêpier et de la fatalité ambiante qui règne en ce moment.

Qu’est-ce qui nous empêche donc de passer à l’offensive et de faire vivre cet antagonisme de classe que cache le libéralisme par une habile politique idéologique pour enfermer le peuple dans le déni pendant que lui gouverne tantôt avec des forces de la droite conservatrice, tantôt avec le social libéralisme et avec le recours envisagé à la droite extrême quand toutes les ficelles habituelles ont été utilisées pour garder le pouvoir.

Cette bataille idéologique du capital, il faut appeler la chose par son nom, fait fureur et le monde du travail plie sous les coups.

Il est balloté par la crise qu’il subit de plein fouet, il est déçu d’une gauche, particulièrement du parti socialiste qui s’apprête à sa propre liquidation, il ne trouve plus les bases de classes actualisées pour comprendre la situation et engager des luttes offensives.

Son abstention et un vote de dégoût.

C’est donc ce peuple de gauche qui est à regagner par une intense bataille d’idées

Un peuple de gauche abîmé dont certains veulent une recomposition. Les uns pour s’allier avec la droite pour accepter la domination capitaliste et les autres pour organiser une radicalité dogmatique autour de quelques figures emblématiques dont les discours flambants tournent souvent à l’électoralisme.

C’est ce que nous vivons en ce moment où la surenchère électorale passe au dessus des préoccupations des travailleurs et en ajoutent à leur prise de distance.

Ceux-ci restent alors dans l’expectative ou alors choisissent un vote d’exaspération pour la plupart ( je met de coté ceux qui savent pourquoi ils ont choisi l’extrême droite).

Le vote front national est dangereux en tout état de cause : l’histoire ne se répète pas dit-on ; mais la situation des années 30 et 40 peut se répéter avec d’autres moyens et d’une autre manière.

Le racisme et le xénophobie sont toujours des signes avant coureur d’un mal qui peut s’étendre à des populations chauffées à blanc mettant en cause tout ce qui fait vie associative et fraternisation entre population de différentes origines.

Le rejet du politique, de la solidarité entre citoyens, la suspicion cultivée à travers le sécuritaire, le fait d’éviter soigneusement de s’en prendre à la domination du capital sont travaillés vers les catégories les plus exposées à la crise.

Le score réalisé par le Front national en est la conséquence.

Dans ce score, nul ne peut nier - ce qui n’a pas toujours été le cas - qu’une partie de la classe ouvrière est réceptive à ces perceptions xénophobes et anti-arabes.

Une idéologie aux accents autoritaires où toutes les forces de la droite conservatrice peuvent converger ensemble et déjà les porosités entre le FN et une partie importante de la droite (Sarkoziste) se précise ; de même un regroupement possible autour de la remise en route d’une troisième force Centro-socialiste dont le pays garde le souvenir des guerres coloniales qui ont amenées le retour de De Gaulle et de la Cinquième république.

Une telle situation nécessite une riposte qui soit à la hauteur du danger de l’installation d’une droite conservatrice pétainiste. De même de rendre impossible la naissance d’un regroupement libéral avec les restes d’un parti socialiste avec les centristes et une partie de la droite conservatrice comme le suggère Valls et Sapin et les Bayrou et consorts.

Une grande bataille d’idées est donc nécessaire vers la population et particulièrement chez les travailleurs et le mouvement syndical doit être en première ligne car il sera la première victime d’une telle association capital travail qui se trame à la manière de celle de Vichy * avec la mise au pas syndicale.

Cela nécessite donc le rassemblement autour d’une « gauche vraie » - j’emploie ce mot- pour bien nous distinguer d’une gauche usée par les compromis douteux. Cela oblige à mouiller la chemise et aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui souffrent de la politique actuelle.

Nous devons regagné ces électeurs perdus par la gauche, par le parti communiste notamment dans ce que furent ses bastions communistes et je pense à la ville de Calais qui, encore il y a peu de temps, était une ville acquise aux communisme et aujourd’hui 5 % lui font confiance et le front national a approché les 50 % au premier tour.

J’ai dit « mouiller la chemise » : oui, ce sera nécessaire si nous voulons une gauche vraie et un parti communiste à la hauteur de l’enjeu.

Un parti communiste qui doit être le moteur d’une offensive pour faire en sorte de redonner confiance au peuple de gauche, à ceux et celles qui l’ont quitté mais aussi à une jeunesse qui nous manque actuellement pour livrer les combats de demain.

Il s’agit donc de prendre son bâton de pèlerin et de rencontrer ces populations en déshérence.

Je préconise partout des états généraux au plus près, dans les localités et les entreprises, avec les forces vives de progrès et allant à la rencontre des travailleurs et des populations.

Il faut dépasser rapidement notre échec des régionales.

Nous devons être une organisation de classe et de masse agissante.

Les communistes doivent garder leur parti, celui-ci doit être celui qui trace le sillon comme le dit si joliment René Piquet dans un récent article pour aider toutes les forces vives qui veulent une vraie politique de gauche rompant avec les dogmes du libéralisme auxquels la social-démocratie a succombé.

Certains parlent de faire un nouveau parti dépassant l’actuel Front de gauche ce serait une nouvelle erreur, il faut au contraire discerner les formes qui permettent à chacun de se retrouver sur une série d’objectifs clairs permettant à la classe ouvrière d’en saisir toute l’importance.

L’avenir de la « vraie gauche » comme nous pourrions l’appeler passe par une bataille au plus près pour présenter des projets contrecarrant de manière offensive ceux du libéralisme.

Et pour cela il va falloir s’attaquer fondamentalement à la finance et pas simplement pour la stigmatiser mais la vaincre avec le monde du travail point par point et notamment en commençant par tout ce qui est accessible pour le commun des mortels comme on dit.

Bref faire du marxisme au quotidien.

Bernard LAMIRAND

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