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ARAGON43

PATRICK LE HYARIC : POURQUOI UN TEL DECHAINEMENT ?

3 Juillet 2015 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #Actualités

PATRICK LE HYARIC : POURQUOI UN TEL DECHAINEMENT ?

Par Patrick Le Hyaric

Pourquoi un tel déchaînement contre le gouvernement grec qui entend consulter son peuple sur un nouveau plan de réduction des droits sociaux et humains que veulent lui imposer les institutions européennes et le fonds monétaire international ? Tout simplement parce qu’est mise à jour, peut-être comme jamais, la nature austéritaire et anti-démocratique de l’actuelle construction européenne. Personne ne s’en souvient, mais il y a quatre ans déjà, quand le premier ministre socialiste avait voulu lui aussi consulter le peuple hellène sur le programme d’austérité, il en avait été empêché par le duo M. Sarkozy – Mme Merkel, rejoint nuitamment sous une tente par le Président Obama lui-même, en marge du sommet de Nice.

Si les autorités européennes et tous les perroquets médiatiques, qui, sans recul, répètent à l’envi l’argumentaire officiel, sont si sûrs de leurs faits et de leurs bienfaits, pourquoi ont-ils si peur de l’expression populaire ? Ces milieux déploient une énergie considérable pour tenter de désolidariser les autres peuples des grecs, en répétant inlassablement que la Grèce n’a plus à être « aidée ». S’il est vrai que des plans de sauvetage de 110 milliards, puis de 130 milliards d’euros ont été dirigés vers la Grèce, leur cible n’était ni les travailleurs ni les retraités pas plus que les privés d’emplois. 80% de ces sommes ont été raflées par les banques. Par quel miracle ? Par le transfert des difficultés des grandes banques privatisées en 1998 vers les caisses publiques. Sans exagérer, on peut dire que les citoyens grecs ont subi un violent hold-up, camouflé derrière ce vocable de « l’aide à la Grèce », dont les citoyens n’ont jamais vu la couleur.

La dette publique, sans cesse grossie des intérêts sur cette dette, a dès lors subi une augmentation permanente qui ne devait rien aux grecs et tout, initialement, aux banques. Les institutions européennes et le FMI vont être les grands organisateurs de cette grande opération, combinée avec de violentes cures d’austérité.

Ce ne sont ni la Grèce ni les Grecs que ces dernières ont voulu sauver mais bien les banques privées, en mettant à contribution une population dont la caractéristique n’est vraiment pas de rouler sur l’or. Cette même population devra dimanche dire si oui ou non elle souhaite voir cette spoliation se poursuivre. Tel est le sens du référendum qu’on n’hésite pas en France, jusqu’au sommet de l’Etat, à dénaturer en prétendant qu’il s’agirait de choisir entre le maintien ou la sortie de la zone euro. M. Moscovici, le commissaire européen, est allé jusqu’à souhaiter voir Alexis Tsipras appeler à voter oui ! Quelle manipulation ! Cela voudrait donc dire que pour rester dans l’Euro, les travailleurs et citoyens grecs devraient accepter l’unique politique antisociale dictée par Bruxelles.

Quant au Président de la commission, M. Juncker, il est en campagne électorale pour inciter les électeurs grecs à désavouer leur gouvernement.

Un à un les masques tombent. La vérité est que depuis un bon moment les milieux d’affaires internationaux et leurs commis politiques, tentent de faire tomber A. Tsipras pour le remplacer par l’un des leurs. Ils n’ont jamais accepté la victoire de Syriza aux élections.

L’Europe prétendue solidaire, qui protègerait et aiderait ses membres, vole en éclat pour laisser la place au visage hideux des représentants de la finance qui ont bien compris que ce qui se jouait pouvait être ni plus ni moins que leur première défaite historique. Comment prétendre que cette Europe nous serait commune, que la monnaie serait commune, que la Banque centrale est commune, alors que celle-ci refuse de verser l’argent qu’elle doit à la Grèce ? Cette somme permettrait largement de payer son échéance au Fonds monétaire international.

Que la population d’un pays de 10 millions d’habitants soit parvenue à créer un tel rapport de force mérite respect et solidarité active. Rien ne me semble plus urgent pour une femme ou un homme de progrès que de contribuer, autour de lui, dans sa famille, au travail ou sur son lieu de vacances, à contrecarrer la formidable campagne de propagande qui assaille nos concitoyens. De le faire en s’appuyant sur les faits et sur les prises de positions, venues d’horizons très divers, qui heureusement refusent l’intoxication ambiante. Nos journaux l’Humanité et l’Humanité-Dimanche continueront de révéler tout ce qui est soigneusement mis sous le tapis. Et la Fête de l’Humanité les 11, 12 et 13 septembre consacrera d’importants moments de solidarité avec le peuple grec. Cela en vaut la peine alors que l’espoir peut enfin prendre le dessus sur tant de déceptions accumulées, et pas seulement en France.

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