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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

LA DEMOCRATIE SYNDICALE A L'ENTREPRISE MENACEE

Publié le 1 Février 2015 par aragon 43 in syndicalisme

POUR QU'AUCUNE TETE NE DEPASSE
POUR QU'AUCUNE TETE NE DEPASSE

LA DÉMOCRATIE A L’ENTREPRISE

Je reviens sur l’échec du soit disant dialogue social à l’entreprise.

C’est tant mieux car il ne s’agissait pas de dialoguer et encore moins de pouvoir exercer un rôle revendicatif et démocratique dans l’entreprise pour les salariés.

Il s’agissait en fait de réduire des droits en matière de représentation des salariés et de les confiner à une sorte de réunion plénière d’une délégation du personnel avec des moyens limités d’intervention.

Nous serions revenus aux « Comités sociaux » de Pétain et de sa charte du travail en laissant aux travailleurs que la gestion des cantines, des arbres de noël, de la fête des mères et de renouer avec un système que les travailleurs de l’époque avaient baptisé « les comités patates » du fait qu’ils manquaient de tout et que les patates étaient souvent le seul aliment disponible dans ces moments de disette.

Exagération dira t’on ! Le fait de « pousser le bouchon » n’est pas inutile en la matière car que seraient devenus comme outils de représentation des salariés les comités d’entreprises, les délégués du personnel, les CHSCT regroupés dans une sorte d’organisme unique les représentant et disposant de moyens réduits à leur plus simple expression ?

Les Comités sociaux de Pétain étaient cette forme unique destinée à créer les conditions de la collaboration de classe entre patronat et salariat et en même temps d’en finir avec la représentation syndicale et les acquis du Front Populaire.

Dans un colloque tenu à Paris en 2013 concernant Croizat le Ministre, j’ai repris un texte paru dans une usine de l’aéronautique à Saint-Nazaire et qui montre à quel point ces comités sociaux étaient le moyen pour le patronat de tenir les salariés sous leurs bottes de la collaboration, je cite cette direction qui s’exprime ainsi : « il est désirable que les Comités sociaux d’Entreprises soient établis dans les seules entreprises où l’atmosphère sociale est déjà relativement favorable, c'est-à-dire là où cela existe, même avec des imperfections, entre le personnel et la direction ». Et pour être plus directif : « dans le cadre provisoire de la Charte actuelle, inutile de « démarrer » des comités provisoires d’entreprise là où l’ambiance n’est pas prête ».

VOILA CE QUE VEUT LE PATRONAT !

C’est la mise en place d’autres chose que la représentation des salariés.

C’est la démocratie syndicale à l’entreprise qui est visée.

Cette représentation syndicale vient de loin, elle a ses racines dans les luttes pour imposer les délégués d’atelier au Creusot en 1899 face à Schneider, à la reconnaissance du syndicat pour élire les délégués du personnel, ensuite par le comité d’entreprise doté de pouvoir de consultation sur la marche de l’entreprise en 1946 par Croizat avec le droit de consultation et d’expertise des comptes financiers, la formation professionnelle et les conditions de travail, puis les délégués syndicaux en 1968 et le droit syndical par la possibilité de réunir les syndiqués sur les lieux de travail avec heure d’information (Loi Auroux 1982).

En formant une sorte de délégation unique la patronat rêvait d’une représentation squelettique où il n’aurait plus de compte à rendre sinon que d’expédier les choses en quatrième vitesse et surtout d’avoir les mains libres pour décider de la vie économique et social à l’entreprise sous ses critères de profits.

Que serait une telle délégation regroupant toutes les activités existantes en matière de représentation du personnel sinon qu’un réceptacle de tous les problèmes sociaux et économiques enchevêtrés et bâclés où les travailleurs n’y retrouvaient plus leurs comptes et les organisations syndicales réduites à écouter le patron divin.

Et puis une telle représentation aurait pour signification de faire des salariés des spectateurs et non des acteurs de leur vie sociale et économique dans l’entreprise.

La démocratie syndicale ferait place au « travail et tais- toi » déjà bien en vigueur dans des entreprises où le syndicalisme n’est pas ou plus présent notamment dans les PME.

S’il y a à améliorer le dialogue social, il faut donner davantage de pouvoir aux salariés dans les entreprises et notamment favoriser leur expression démocratique sur les lieux de travail et obtenir des droits supplémentaires notamment le droit de veto du comité d’entreprise quand l’emploi, les salaires, les conditions de travail et le devenir de l’entreprise sont menacés.

Bernard LAMIRAND

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