Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ARAGON43

TOTAL : LE PRESIDENT EST MORT VIVE LE PRESIDENT

21 Octobre 2014 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #Actualités

TOTAL : LE PRESIDENT EST MORT VIVE LE PRESIDENT

TOTAL : LE PRESIDENT EST MORT VIVE LE PRESIDENT

En écoutant les besogneux de la presse médiatique aux ordres, ce jour, et le déluge des commentaires sur la mort, certes regrettable du PDG de Total, nous pourrions croire que le monde entier était tombé dans l’affliction la plus totale.

Bien sûr, Total n’est pas une entreprise ordinaire, c’est une grande multinationale française qui emploie plus de 100000 salariés dans le monde dont 30000 en France.

Mais cette disparition ne va pas entrainer celle de ce groupe et le PDG n’est qu’un rouage d’une entreprise dont on a toutes les raisons de considérer son existence car elle est le résultat d’abord des hommes et des femmes qui y ont travaillé depuis des lustres. Mais aussi n’oublions pas d’ une entreprise qui s’est enrichie en exploitant de manière inconséquente les ressources de pays pauvres.

Le PDG n’est donc pas un homme providentiel.

Evidemment, quand on disparait, on affuble les disparus de tous les meilleurs sentiments à son égard.

Depuis ce matin, les hommages pleuvent pour assurer que c’était un homme hors du commun. Qu’il était proche du personnel, direct, qu’il n’avait pas son pareil pour interpeller les chefs d’Etats et les politiques, qu’il disait bonjour dans les ascenseurs à son personnel et qu’il lui arrivait parfois de manger avec un tel. Bref un brave homme parti trop vite, lui qui avait l’écoute de Poutine et aussi de tous les roitelets de la planète.

Il était un homme de bien , proche des gens, disait quelques personnes interviewé par les sermonneurs du libéralisme. En fait ils pleurent l’un des leurs. Un homme de bien, ah oui, mais dans quel sens : celui des travailleurs ou celui des actionnaires ?

Un homme de bien, certes, mais des biens mobiliers et immobiliers : des outils de production qu’il affectionne surtout quand ils sont hyper- rentables : qu’a-t-il fait de certaines raffinerie françaises ?

Il les a liquidé et ce groupe, qui a produit plus de 8 milliards en 2013 de profits, en a-t-il fait profiter les salariés du monde entier ou n’a-t-il pas servi d’abord ses actionnaires qui sont comblés depuis son arrivée comme PDG en 2010.

Et les impôts en France, son groupe en paye de moins en moins et les cotisations sociales sont infimes puisque ce groupe à la composition salariale le plus faible par rapport au nombre de salarié employé et donc une assiette salariale minuscule par rapport à l’importance de chiffre d’affaires dégagés et des bénéfices réalisés par rapport à d’autres entreprises qui emploient davantage de main d’œuvre.

L’on pourrait aussi parler de ces majors du pétrole qui se croient tout permis et prêts à démolir la planète et la nature pour exploiter le pétrole, le gaz, le charbon dans les pires conditions pour les populations autochtones.

Ce Monsieur n’est pas né dans les cités, il est du sérail et il a monté tous les échelons de la hiérarchie de l’entreprise Total où il a fait toute sa carrière. Il a eu de la chance, une chance qu’il refuse à son personnel quand il annonce des fermetures de sites et des départs de l’entreprise. Son parcours est certes élogieux pour ceux qui ne vivent que de la façon dont ils vont pouvoir s’attribuer la plus haute marche, il est aussi d’une famille qui n’est pas né de la dernière couvée du capitalisme le plus réactionnaire (voir wikypédia Pierre Taittinger)) ; il est le petit-fils de Pierre Taittinger, celui qui pressait le jus de raisin pour faire du champagne. Un drôle d’individu celui-là, puisqu’il fut fondateur de divers mouvement d’extrême droite avant guerre, menant un guerre acharné conte les communistes et le Front populaire, il est celui qui vota les pleins pouvoirs à Pétain qui le conduisit ensuite à accepter d’être le président du Conseil municipal de Paris durant l’occupation de Paris par les nazis et il fut décoré de la francisque.

Alors les émois, laissons-les à ses amis, à ceux qui ne voient que le capitalisme comme un nouvel amant dont on ne saurait se passer comme Valls et Hollande.

Au fait, il est de bon ton de parler de ce disparu, mais il y avait avec lui deux pilotes et sa secrétaire qui ont disparu aussi dans ce malheureux krach, pour eux, les dressés médiatiques les ont totalement ignorés et l’hommage est donc bien à géométrie unilatérale.

Enfin, chez ces gens là, l’émoi ne dure qu’un temps : déjà et sans attendre les obsèques du disparu, le combat pour la place est engagé.

Le capital et les dividendes n’attendent pas. Le président est mort vive le président.

Bernard LAMIRAND

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article