UNE CONFERENCE ANTISOCIALE

Publié le 2 Juillet 2014

UNE CONFERENCE ANTISOCIALE

UNE CONFERENCE ANTISOCIALE

Depuis plusieurs jours, un tir formidable de barrage prépare un nouvel assaut du patronat contre les conventions collectives et le droit du travail.

Dans un paysage social désolé depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, paysage auparavant labouré par Sarkozy le délinquant en examen, il ne devrait plus y avoir que des ruines sociales et mettre à bas le Programme national du Conseil de la résistance (CNR) et le ranger dans une sorte de crypte mémorielle auquelle le Président viendrai essuyer quelques hypocrites nostalgies pour l’éternité .

Rappelons la déclaration de Denis Kessler, ancien vice président du Medef, gros assureur, qui disait à Sarkozy devenu président de la République en 2007, dans le revue patronale « Challenges », et préparant ses premières réformes sociales : « A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ».

Eh bien, nous y sommes !

Mais ce n’est pas Sarkozy qui le fait, bien qu’il en avait envie s’il eut été réélu en 2012 ; c’est Hollande, c’est Valls, c’est le patronat.

Ainsi un tir de barrage se déroule actuellement pour préparer la Conférence Sociale annuelle qu’organise Hollande. Toutes les organisations syndicales et patronales sont invitées à y participer.

Une conférence sociale qui devrait permettre, nous disait Hollande après son élection, de faire en sorte qu’un dialogue social règne entre les différentes parties en cause et pour le développement social et économique.

Ce n’était qu’une vaste blague quand on voit les dégâts sociaux et économiques depuis l’élection de ce président.

En guise de dialogue social fructueux, c’est un dialogue favorable envers le patronat le plus réactionnaire que la France ait connu depuis la libération et les oreilles bouchées par d’innombrables boules « quies » pour ne pas entendre le monde du travail qui n’en peut plus.

Ainsi, les patrons, unis comme aux plus beaux jours de la collaboration, qu’ils soient des grandes entreprises, des PME, de l’artisanat et du commerce ont envoyé un ultimatum à Hollande pour que celui-ci cède à tous leurs caprices et notamment celui d’avoir des travailleurs taillables et corvéables à merci à l’égal de ces travailleurs exploités provenant des pays de l’Est.

Un code défunt du travail, des conventions collectives devenant des réglements intérieurs patronaux, des temps de travail décidés unilatéralement par les patrons, des salaires de plus en plus minables, des droits démocratiques à l’entreprise amputés, la remise en cause de la pénibilité du travail pour avoir des droits supplémentaire à la retraite, des financements et des exonérations de cotisations sociales sans contrepartie d’emplois, voilà les ukases patronales en direction d’un gouvernement devenu une sorte de « maitre queue » ou de vassal du Medef.

Ces exigences viennent d’être reprises ce mercredi 2 juillet dans une tribune dans la presse par Valls.

Le patronat s’est immédiatement félicité de ce geste de déférence qu’il a reçu d’un premier ministre qui avait peur de la non présence de ces patrons à cette conférence sociale.

Gattaz fils a ainsi gagné son pari : faire monter les enchères en faveur du capital et faire en sorte que le monde du travail en paye le prix fort et que ce soit un président de gauche qui fasse le sale boulot.

Une honte….

Nous assistons en ce moment à un étripage complet des droits des salariés et en fait de la concrétisation la plus extrême de leur mise en concurrence sous la base de la compétitivité et donc de la réduction des couts sociaux comme ils disent.

Le verdict est pourtant tombé ce matin dans un rapport officiel qui annonce pour la France un nouvel appauvrissement du monde du travail et l’enrichissement de ceux qui possèdent les moyens de production, financiers ou d’échange.

C’est le résultat des abandons sociaux de ce gouvernement et de ce président qui n’ voient que leur salut que dans l’unisson avec les forces de l’argent-roi.

Que vont-faire les organisations syndicales dignes de ce nom ?

L’accord national interprofessionnel sur la flexibilité, le pacte de responsabilité, la réforme des retraites, l’abaissement des droits concernant le chômage en sont la triste résultante de ces conférence bidons, certaines l’ont signé et se sont vermoules dans la collaboration de classe et d’autres résistent comme la CGT et FO.

Alors, cette conférence sociale qui vient n’est qu’une conférence antisociale et à quoi çà sert d’y aller pour ceux qui savent qu’elle aura pour but le moins disant social et le plus disant pour les dividendes : mais aussi l’abaissement d’un pouvoir qui appliquent les décisions du patronat et en particulier celles prononcées par Kessler en 2007 : « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ».

Demain que restera-t’il de notre Sécurité sociale en cours de démolissement, de nos retraites déjà bien menacées, de nos comités d’entreprises qui pourraient disparaitre où bien ne relever que de seuils d’effectifs toujours plus élevés pour soit -disant embaucher sans ce seuil que le patronat n’a jamais accepté quand Croizat l’a mis en place en 1946 notamment pour les PME, même chose pour les délégués du personnel, pour les CHST eux aussi dans le collimateur, pour les conventions collectives etc.

Nous sommes arrivés à l’exécution de cette revanche patronale, de ceux que De gaulle, Croizat et le CNR stigmatisaient de leurs attitudes de collaboration avec les nazis pendant la guerre et de cette charte du travail « travail famille patrie » que ces profiteurs veulent ressusciter : aujourd’hui ce beau monde revanchard a l’écoute d’un Président élu à gauche : quelle déshonorante attitude de sa part, je pèse mes mots.

Alors, si on y va à cette conférence sociale, c’est pour dire à Hollande : « Halte-là », et on s’en va car il n’y rien à négocier, tout est prévu pour le patronat et les riches.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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