PALESTINE: JP BOSINO ECRIT A HOLLANDE

Publié le 12 Juillet 2014

Monsieur le Président de la République,

Si la gravité de la situation en Palestine n’est pas nouvelle, les dernières évolutions dramatiques que l’on connait depuis plusieurs jours m’ont poussé à m’adresser à vous.

Lors d’un récent communiqué vous indiquez avoir fait part au Premier ministre israélien, Monsieur Netanyahou, de la « solidarité de la France » et avez affirmé qu’il appartenait « au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ».
Elu de la nation, je ne me reconnais pas dans ce message de solidarité. Il n’existe pas de symétrie entre occupant et occupé, entre un Etat belliqueux et un peuple opprimé.

La ville dont je suis maire, Montataire, a été la première ville au monde à se jumeler avec un camp de réfugié palestinien, le camp de Deisheh. Ce partenariat se traduit par un engagement constant des montatairiens qui organisent, en lien avec la municipalité et le comité de jumelage « Montataire-Deisheh », de nombreuses campagnes de solidarité avec le peuple palestinien. Depuis plus de 25 ans nous travaillons donc avec les palestiniens se battant pour la reconnaissance de leur Etat, mais également avec des pacifistes israéliens qui, si ils sont minoritaires, œuvrent au quotidien pour la paix et l’amitié entre les peuples.

Les récents agissements de l’Etat d’Israël, Monsieur le Président, sont inacceptables.
Il faut évidement condamner le meurtre des trois adolescents israéliens. Mais peut-on tolérer qu’une nation démocratique réponde au crime par la guerre ? Peut-on tolérer cette loi du talion qui a conduit Israël à des frappes aériennes sur la Bande de Gaza, frappes qui ont tué près de 80 civils palestiniens depuis lundi dernier ? Peut-on, enfin, apporter son soutien à un pays qui ne respecte pas les lois internationales et se soustrait depuis des dizaines d’années aux injonctions de l’ONU ?

C’est à la paix, Monsieur le Président, que notre pays que vous représentez doit appeler. L’escalade de la violence doit-être condamnée et il est de notre devoir d’agir pour éviter que la crise ne s’aggrave. Vingt mille réservistes ont déjà été appelés par l’armée israélienne qui dit ne pas exclure une offensive terrestre. La guerre n’est pas une option. Elle serait un désastre pour le peuple palestinien, méprisé et réprimé depuis bien trop longtemps déjà.

Les solutions existent et la France doit prendre sa part de responsabilités, notamment en prenant des initiatives au plan international pour un règlement global de cette question.
Agissons pour renforcer l’action de l’ONU en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Renforçons nos liens avec les pacifistes israéliens. Travaillons, enfin, à la reconnaissance pleine et entière de l’Etat Palestinien, qui passe par le droit au retour des réfugiés.

L’heure est grave, Monsieur le Président, et le peuple français redoute une nouvelle montée des violences. Il revient à notre nation de prendre position dans ce conflit avec comme unique boussole l’objectif de la paix et du respect du droit international.

Je crois, Monsieur le Président, que nous pouvons encore partager des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que notre pays incarne. C’est donc en tant qu’élu de la République et homme de gauche qui partage ces convictions que je m’adresse à vous.

Dans l’espoir de voir la situation évoluer dans le sens de la paix je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma haute considération.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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Gourmel Michel 15/07/2014 11:03

Quel dommage que les communistes ne prennent plus les mêmes positions au XXIème siècle !

Car l’Huma installe le silence sur les crimes de l’occupation en Ukraine, dans le Califat US/EIIL, … des milliers de morts partout sous les bombes US même si elles sont tirées par des supplétifs plus ou moins différents dans chaque pays, Nazis en Ukraine ; EIIL devenu ISIS en Syrie-Liban, Irak ; AQMI en Libye, Boko Haram au Nigeria qui enlève régulièrement de grandes quantités de jeunes filles au vu et au sus de l’occident.
Ce sont toujours les forces spéciales, de l’OTAN aidées des mercenaires d’Académi, et avec l’appui des finances des pays les plus obscurantistes fondamentalement de la planète que nos grandes démocraties du monde libre imposent la terreur d’Al Qaeda, des islamo-fascistes, fascistes, des Nazis.

Et bien sûr on ne parle pas non plus de toutes les autres troupes d’occupation, comme en Libye où l’occident a fiancé, armé et fait pulluler les groupes terroristes de manière à les répandre d’un bout à l’autre du Sahel comme au Mali et même au-delà comme en Centre à Fric. De manière à pouvoir protéger tranquillement ses intérêts financiers … c'est-à-dire piller les peuples au profit des transnationales.

Il s’agit là d’un vieux reste d’humanité de nos dirigeants politiques du XXème siècle, un vieux fossile d’une politique internationaliste enfouie sous les décombres de la modernisation du parti, pour soutenir les grandes démocraties du monde libres citées plus haut.