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ARAGON43

HUMANITE: CONFERENCE SOCIALBOYCOOT ?

5 Juillet 2014 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #syndicalisme

La CGT et FO, prêtes à boycotter une conférence sociale, tournée vers le patronat

Conférence sociale pour l'emploi des 7 et 8 juillet

Sarah Sudre

Samedi, 5 Juillet, 2014

La CGT et FO n’ont pas encore pris de décision, concernant leurs participations ou non aux tables rondes, prévue mardi 8 juillet. Thierry Lepaon et Jean-Claude Mailly. Photo : AFP

Accusant le gouvernement de répondre aux désirs du patronat, la CGT et FO s’apprêtent à boycotter partiellement, lundi, la 3e conférence sociale du quinquennat, autour du pacte de responsabilité, si François Hollande ne « respecte pas les engagements pris dans le cadre du dialogue social».

François Hollande, qui voulait marquer de son empreinte ce quinquennat, en organisant une conférence sociale annuelle, signe de démocratie à la française, ne sera pas déçu de cette 3e édition, débutant lundi, qui va surement laisser de lourdes traces sur son passage. Peut-être n’aurait-il du rien espérer, parce que cette « grande conférence sociale pour l’emploi 2014 » des 7 et 8 juillet, s’apprête à se dérouler dans un climat extrêmement tendu, entre division, boycott et contestations des organisations syndicales. Le boycott de la conférence par le patronat n’étant plus d’actualité depuis que Manuel Valls a répondu au Medef. >>> Lire : « Vos désirs sont des ordres ».

Bref, ce qui devait être à l’origine un temps de débats entre partenaires sociaux, représentants de l’Etat et des collectivités, pour fixer des priorités communes traduites dans une feuille de route autour de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’insertion professionnelle des jeunes et tant d’autres sujets, s’est transformé en véritable « haie d’honneur » en faveur des organisations patronales. La faute à un virement de bord du gouvernement, qui a fait le choix des exigences patronales, notamment en revenant, mercredi dernier, sur le compte pénibilité, pourtant acté et négocié l’année dernière avec les syndicats. Un geste d'apaisement à l'adresse du patron des patrons, Pierre Gattaz, qui constitue pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT et signataire du pacte de responsabilité, une "rupture du dialogue social". Offusquée, la CGT considère que « les déclarations faites par le Premier ministre, à la veille de la conférence, sont une véritable provocation pour le monde du travail, en remettant en cause les maigres avancées obtenues pour les salariés ces derniers mois et ayant fait l’objet de négociations collectives ». De leur côté, les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) qui avaient brandi la menace d'un boycott de la conférence sociale si le gouvernement ne revenait pas sur le compte pénibilité, se sont ravisées, satisfaites des annonces du Premier ministre. Pour Solidaires, s’en est trop: «la grande conférence sociale pour l’emploi... sans social et sans emploi, ce sera sans nous !».

Un climat sous haute tension à deux jours de la conférence sociale, ravivé par un contexte particulièrement défavorable, marqué par une croissance atone, un chômage record touchant 3,38 millions de personnes, et sur fond de crise sociale. Le gouvernement table alors sur le pacte de responsabilité pour sortir le pays de l'ornière. La « grand-messe » annuelle s'ouvrira d’ailleurs, lundi en début d'après-midi au Palais d'Iéna, par un discours du président de la République qui aura auparavant entendu les partenaires sociaux dans un débat centré sur ce pacte. Une réforme, dite « d’austérité » par les syndicats et le Front de gauche, et contestée par des milliers de français, qui déplorent les 50 milliards d’euros d’économies qui vont être réalisées « sur les dépenses publiques mettant en danger le service public » alors que l’Etat offre au même moment 35 milliards d’euros aux entreprises.

Tables rondes, sous haute tension

Tournants le dos à un gouvernement qui s’empresse de satisfaire les exigences de certains, au moment où d’autres, comme les cheminots, les fonctionnaires et les intermittents, demandent depuis le mois de mai un geste de l’Etat pour les sortir de la « crise et de la précarité », la CGT et FO n’ont pas encore pris de décision, concernant leurs participations ou non aux tables rondes, prévue mardi 8 juillet. Si Thierry Lepaon, numéro un de la CGT, a annoncé qu'il participerait bien à la réunion lundi matin avec François Hollande, car "débattre avec le président de la République est un acte républicain", il attend néanmoins, « de François Hollande le respect des engagements » (Lire : La CGT entend porter 94 exigences et propositions concrètes dans les 7 tables rondes de la Conférence). Mais notre participation dépendra de l’engagement que prendra le Président de la République sur l’examen de ces propositions », précise le leader cégétiste, dans une lettre destinée à François Hollande. Si le chef de l’Etat n’a pas tardé à donner sa réponse, assurant que sa « conception du dialogue social comme celle du Premier ministre Manuel Valls, repose évidemment sur le respect de l'ensemble des partenaires sociaux et des engagements pris dans le cadre de leurs négociations », rien n’est sur concernant la participation de la CGT, qui avoue que « la manière dont Valls s'est comporté a perturbé profondément notre organisation ». Même son de cloche pour le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, qui répondra présent à la rencontre avec le président Hollande, mais « n’exclut rien pour la journée de mardi. Ce dont je suis sûr, c'est qu'on marquera le coup, d'une manière ou d'une autre".

Des absences, qui marqueraient une opposition ferme face au positionnement du gouvernement, lors des sept tables rondes, animées par huit ministres dont François Rebsamen, Michel Sapin, Marisol Touraine, prévues mardi sur l'emploi, l'insertion professionnelle des jeunes, l'agenda économique et social européen, l'investissement, le pouvoir d'achat et le sujet épineux de la fiscalité, la politique de santé et la réforme de l'action publique. Mais « notre comportement ne peut plus être le même que celui qui était prévu avant la déclaration de Manuel Valls", argue Jean-Claude Mailly. Un boycott envisagé, même si le patronat compte proposer « une dimension économique plus poussé, vers une simplification de la législation sociale » car « en répondant à la pression de Pierre Gattaz, la conférence sociale n’a plus de sens », dénonce la CGT.

Lors de son discours de clôture, qui donnera la feuille de route sociale de l’année à venir, le Premier ministre Manuel Valls, pourra, en revanche, compter sur la présence de la CFDT.« Notre stratégie est de pousser pour obtenir des contreparties au pacte de responsabilité. Nous n'allons pas quitter la conférence car nous misons toujours sur le dialogue social comme la clé de voûte capable pour mener des changements profonds dans le pays », a expliqué la n°2 de la CFDT, Véronique Descacq.

Mais à quoi bon, François Hollande espère que "le dialogue social » « soit la meilleure voie possible pour le redressement", s’il provoque le chaos dans le monde du travail et fait, avec Manuel Valls, le choix du patronat, avant même que la conférence sociale ait lieu ?

La CGT et FO, prêtes à boycotter une conférence sociale, tournée vers le patronat

Conférence sociale pour l'emploi des 7 et 8 juillet

Sarah Sudre

Samedi, 5 Juillet, 2014

La CGT et FO n’ont pas encore pris de décision, concernant leurs participations ou non aux tables rondes, prévue mardi 8 juillet. Thierry Lepaon et Jean-Claude Mailly. Photo : AFP

Accusant le gouvernement de répondre aux désirs du patronat, la CGT et FO s’apprêtent à boycotter partiellement, lundi, la 3e conférence sociale du quinquennat, autour du pacte de responsabilité, si François Hollande ne « respecte pas les engagements pris dans le cadre du dialogue social».

François Hollande, qui voulait marquer de son empreinte ce quinquennat, en organisant une conférence sociale annuelle, signe de démocratie à la française, ne sera pas déçu de cette 3e édition, débutant lundi, qui va surement laisser de lourdes traces sur son passage. Peut-être n’aurait-il du rien espérer, parce que cette « grande conférence sociale pour l’emploi 2014 » des 7 et 8 juillet, s’apprête à se dérouler dans un climat extrêmement tendu, entre division, boycott et contestations des organisations syndicales. Le boycott de la conférence par le patronat n’étant plus d’actualité depuis que Manuel Valls a répondu au Medef. >>> Lire : « Vos désirs sont des ordres ».

Bref, ce qui devait être à l’origine un temps de débats entre partenaires sociaux, représentants de l’Etat et des collectivités, pour fixer des priorités communes traduites dans une feuille de route autour de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’insertion professionnelle des jeunes et tant d’autres sujets, s’est transformé en véritable « haie d’honneur » en faveur des organisations patronales. La faute à un virement de bord du gouvernement, qui a fait le choix des exigences patronales, notamment en revenant, mercredi dernier, sur le compte pénibilité, pourtant acté et négocié l’année dernière avec les syndicats. Un geste d'apaisement à l'adresse du patron des patrons, Pierre Gattaz, qui constitue pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT et signataire du pacte de responsabilité, une "rupture du dialogue social". Offusquée, la CGT considère que « les déclarations faites par le Premier ministre, à la veille de la conférence, sont une véritable provocation pour le monde du travail, en remettant en cause les maigres avancées obtenues pour les salariés ces derniers mois et ayant fait l’objet de négociations collectives ». De leur côté, les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) qui avaient brandi la menace d'un boycott de la conférence sociale si le gouvernement ne revenait pas sur le compte pénibilité, se sont ravisées, satisfaites des annonces du Premier ministre. Pour Solidaires, s’en est trop: «la grande conférence sociale pour l’emploi... sans social et sans emploi, ce sera sans nous !».

Un climat sous haute tension à deux jours de la conférence sociale, ravivé par un contexte particulièrement défavorable, marqué par une croissance atone, un chômage record touchant 3,38 millions de personnes, et sur fond de crise sociale. Le gouvernement table alors sur le pacte de responsabilité pour sortir le pays de l'ornière. La « grand-messe » annuelle s'ouvrira d’ailleurs, lundi en début d'après-midi au Palais d'Iéna, par un discours du président de la République qui aura auparavant entendu les partenaires sociaux dans un débat centré sur ce pacte. Une réforme, dite « d’austérité » par les syndicats et le Front de gauche, et contestée par des milliers de français, qui déplorent les 50 milliards d’euros d’économies qui vont être réalisées « sur les dépenses publiques mettant en danger le service public » alors que l’Etat offre au même moment 35 milliards d’euros aux entreprises.

Tables rondes, sous haute tension

Tournants le dos à un gouvernement qui s’empresse de satisfaire les exigences de certains, au moment où d’autres, comme les cheminots, les fonctionnaires et les intermittents, demandent depuis le mois de mai un geste de l’Etat pour les sortir de la « crise et de la précarité », la CGT et FO n’ont pas encore pris de décision, concernant leurs participations ou non aux tables rondes, prévue mardi 8 juillet. Si Thierry Lepaon, numéro un de la CGT, a annoncé qu'il participerait bien à la réunion lundi matin avec François Hollande, car "débattre avec le président de la République est un acte républicain", il attend néanmoins, « de François Hollande le respect des engagements » (Lire : La CGT entend porter 94 exigences et propositions concrètes dans les 7 tables rondes de la Conférence). Mais notre participation dépendra de l’engagement que prendra le Président de la République sur l’examen de ces propositions », précise le leader cégétiste, dans une lettre destinée à François Hollande. Si le chef de l’Etat n’a pas tardé à donner sa réponse, assurant que sa « conception du dialogue social comme celle du Premier ministre Manuel Valls, repose évidemment sur le respect de l'ensemble des partenaires sociaux et des engagements pris dans le cadre de leurs négociations », rien n’est sur concernant la participation de la CGT, qui avoue que « la manière dont Valls s'est comporté a perturbé profondément notre organisation ». Même son de cloche pour le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, qui répondra présent à la rencontre avec le président Hollande, mais « n’exclut rien pour la journée de mardi. Ce dont je suis sûr, c'est qu'on marquera le coup, d'une manière ou d'une autre".

Des absences, qui marqueraient une opposition ferme face au positionnement du gouvernement, lors des sept tables rondes, animées par huit ministres dont François Rebsamen, Michel Sapin, Marisol Touraine, prévues mardi sur l'emploi, l'insertion professionnelle des jeunes, l'agenda économique et social européen, l'investissement, le pouvoir d'achat et le sujet épineux de la fiscalité, la politique de santé et la réforme de l'action publique. Mais « notre comportement ne peut plus être le même que celui qui était prévu avant la déclaration de Manuel Valls", argue Jean-Claude Mailly. Un boycott envisagé, même si le patronat compte proposer « une dimension économique plus poussé, vers une simplification de la législation sociale » car « en répondant à la pression de Pierre Gattaz, la conférence sociale n’a plus de sens », dénonce la CGT.

Lors de son discours de clôture, qui donnera la feuille de route sociale de l’année à venir, le Premier ministre Manuel Valls, pourra, en revanche, compter sur la présence de la CFDT.« Notre stratégie est de pousser pour obtenir des contreparties au pacte de responsabilité. Nous n'allons pas quitter la conférence car nous misons toujours sur le dialogue social comme la clé de voûte capable pour mener des changements profonds dans le pays », a expliqué la n°2 de la CFDT, Véronique Descacq.

Mais à quoi bon, François Hollande espère que "le dialogue social » « soit la meilleure voie possible pour le redressement", s’il provoque le chaos dans le monde du travail et fait, avec Manuel Valls, le choix du patronat, avant même que la conférence sociale ait lieu ?

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