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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

OU VA LA CFDT ?

Publié le 17 Juin 2014 par aragon 43 in syndicalisme

OU VA LA CFDT ?

Est-il encore besoin de s’interroger ?

Voilà une organisation syndicale, à son plus haut niveau, qui à tout bout de champ fait bande à part considérant que tout ce que ne va pas dans son sens et inutile comme elle vient de le dire dans le conflit actuellement en cours à la SNCF employant les mêmes mots que Sarkozy et consorts lors d’une précédente grève accusant les grévistes de faire des otages les usagers.

En fait elle prêche un syndicalisme à la botte patronale et d’antenne gouvernementale pour la mise en application des mesures d’austérité envers le monde du travail.

Pourtant, à sa naissance en 1964, cette organisation voulait s’extirper de sa coquille CFTC dont elle ne supportait plus l’allégeance à l’idéologie dominante de l’époque et de cette période post coloniale, de la guerre d’Algérie puis celle du gaullisme. En même temps elle se séparait d’un syndicalisme chrétien issue de l’encyclique « Rérum novarum » acquis à un syndicalisme de collaboration sociale avec le patronat.

Bref, un syndicalisme nouveau ne refusant pas la lutte de classe et nous vîmes la CFDT au cœur des grandes luttes de 1968 jusque l’arrivée des années de plomb et de la crise du système capitaliste auquel elle succomba.

S’amorça alors une ligne dite réformiste (rapport Moreau) imprégnée d’un syndicalisme d’accompagnement des crises qui vont se succéder notamment dans les années 80/90 avec la sidérurgie, la navale, le textile, les houillères etc. Et cette organisation s’impliqua dans tous les plans dit-sociaux visant à réduire les capacités de production et les emplois etc.

Pendant la période du retour du gaullisme au pouvoir, après les années Mitterrand, puis l’arrivée de Sarkozy en 2007, cette organisation s’est maintenue dans cette sorte de syndicalisme d’accompagnement teintée parfois de luttes avant de décrocher comme elle le fit lors des luttes sur les retraites où encore concernant celles des cheminots en 1995.

Les récentes déclarations du nouveau secrétaire de la CFDT Berger montrent une ligne carrément d’abandon social et d’acceptation totale de toutes les mesures visant à combattre la crise en la faisant payer totalement au monde du travail.

Le pacte de responsabilité, l’accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi en sont les exemples les plus frappants. La CFDT se pliant à un donnant perdant qui entraine à des reculs sociaux là où les mesures s’appliquent ou s’appliqueront.

L’on peut observer que partout où les mesures entrent en application l’on trouve toujours la direction de la CFDT d’aller à contre sens des intérêts des salariés et parfois même de ces propres adhérents qu’elle déjuge le cas échéant comme cela vient de se produite à la Redoute et dans les transports.

Dans tous les conflits éclatants, l’on voit maintenant Berger se saisir des micros qui lui sont tendus bien obligeamment, pour éteindre les incendies sociaux dû à ses renonciations sociales. De même faire alliance avec le Medef contre les intermittents du spectacle.

C’est l’attitude qu’il vient de prendre également concernant la lutte des cheminots pour le devenir de la SNCF et là il se situe en briseur de grève par des interventions de plus en plus violentes contre la CGT qu’il considère comme irresponsable en prenant les arguments de la droite la plus réactionnaire et aussi et celle du gouvernement socialiste auquel il est lié par des allégeances de plus en plus visibles.

Qu’il est le loin le temps où la CFDT accusait la CGT d’être la courroie de transmission du PCF.

Et ce n’est pas les quelques coups de gueule du Berger qui empêcherons le loup MEDEF d’entrer dans la bergerie comme on vient de le voir sur le pacte de responsabilité, marché de dupes auquel Berger a mouillé à fonds son organisation en acceptant que les dizaines de milliards décernés au patronat se feront sans contrepartie.

En disant cela, suis-je contre le syndicalisme rassemblé ?

Non !

Mais celui-ci ne peut exister que s’il rassemble et aide les travailleurs à défendre leurs droits face à un patronat de plus en plus antisocial.

La vérité doit être dite : la direction de cette organisation est retournée à ce qu’elle était avant, une organisation syndicale où les reliques d’un syndicalisme de collaboration de classe l’emporte sur toutes autres considérations.

C’est bien dommage au moment où le syndicalisme français a besoin d’unité de luttes et non d’une unité factice pour célébrer le partenariat social et notamment celui qu’organisera en juillet le gouvernement avec le rituel sommet social qui ne débouchera comme d’habitude sur rien pour le monde du travail.

Oui, il est temps que les travailleurs dans les lieux de travail prennent leurs affaires en mains et fassent l’unité d’action : c’est cela qui comment à pointer dans de multiples conflits où les militants syndicalistes quelque soit leurs organisations créent eux- mêmes les conditions de l’action et du tous ensemble sur des bases revendicatives et de progrès social.

Bernard LAMIRAND

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canaille le rouge 17/06/2014 09:19

Réponse à la question : à la soupe.
le PS du syndicalisme est totalement dévoilé (pour info, à la SNCF ils ont fusionné avec les ex-autonomes de la traction pour réussir à eux deux à difficilement passer la barre des 10%