FTM CGT : UN GRAND CONGRES QUI VA COMPTER

Publié le 7 Juin 2014

FTM CGT : UN GRAND CONGRES QUI VA COMPTER

J’ai participé au 40 ème congrès Au Mans, durant une journée, mais j’ai suivi les travaux intégralement en vidéo.

J’ai inscrit le Congrès dans mon blog et j’ai vu que plus de 100 lecteurs se sont branchés sur le « Congrès en direct » durant toute la semaine.

Quel plaisir de retrouver des camarades que j’ai connu dans mes responsabilités à la Fédération.

Mais j’ai surtout eu la satisfaction de voir de nombreux jeunes hommes et femmes à ce congrès, de nouvelles têtes comme on dit, et près de 60 % de délégués-es qui participaient pour la première fois à un congrès de la FTM CGT métallurgie.

J’ai apprécié la qualité des interventions de ces délégués-es qui ne venaient pas là pour enfiler des perles et qui ont donné le ton à cette démarche de passer à l’offensive que la FTM CGT travaille à la rendre plus concrète sur le terrain de l’entreprise. C'est-à-dire ne pas en rester à compter les coups bas du Medef et du gouvernement socialiste mais agir comme l’a martelé Philipe Martinez secrétaire général de la FTM CGT.

En ce sens, j’invite mes lecteurs à prendre connaissance du rapport introductif de Philippe Martinez (voir vidéo), qui tout au long de son intervention a souligné l’importance de se bouger pour passer à la reconquête qu’elle soit sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail, la protection sociale, la santé et aussi l’industrie et donc de retrouver dans ce pays une industrie forte.

Des débats très instructifs sur l’évolution de cette métallurgie, de ses emplois, des qualifications nécessaires et des formations indispensables pour cette reconquête industrielle. Une métallurgie qui n’abandonne aucune de ses branches qu’elles soient de la production des métaux, de l’automobile, de la navale et des industries nouvelles liées aux nouvelles technologies en passant par nos points forts tels l’aéronautique, le matériel ferroviaire, le nucléaire etc .

Déjà cela permet des résultats qui ont été souligné dans les interventions dans les entreprises comme à la SAM et Ascométal et d’autres qui montrent que les choses commencent à s’inverser et que le temps n’est plus à négocier des plans dit sociaux.

Bref une fédération des métaux CGT qui travaille les projets industriels mais aussi un projet social à la même hauteur.

Une Fédération qui va se battre pour 2 millions d’emploi dans la métallurgie en les chiffrant dans chaque branche de la métallurgie, dans chaque groupe et région par une grande campagne, de même par rapport au coût du capital. Et quelle forte affirmation de Philippe Martinez dans ses conclusions quant il affirme qu’il faut refuser les aides publiques qui ne servent pas l’emploi et s’interroge sur notre participation à la Conférence sociale annuelle organisée par le gouvernement et qui débouche sur rien pour les travailleurs.

J’ ai remarqué l’évolution en cours du salariat et le fait que les travailleurs de la métallurgie représente un arc beaucoup plus large que celui des années 1945/1980 où 80 % étaient des ouvriers et 20 % des ICT. Maintenant près de 50 % sont des ingénieurs cadres et techniciens et s’il faut toujours avoir un travail syndical envers les ouvriers, qui, eux évoluent dans leur travail et leurs qualifications, il s’agit maintenant d’assurer non seulement notre présence dans la catégorie des ICT mais d’être pleinement en phase avec leurs besoins revendicatifs et leurs conditions d’exploités face à un patronat qui travaille leur intégration.

Le congrès a donc bien fait de mettre en débat la question des ingénieurs et cadres, c’est bien vu, et c’était une première dans un congrès fédéral de la métallurgie.

Je retiens cette présence de la jeunesse, elle était déjà évidente lors des précédents congrès de Lyon et surtout de Reims, mais à ce 40èmecongrès elle a pris toute sa place dans la vie fédérale et comme le disait, après 68, Georges Séguy au Congrès de Grenoble en 1971, -mon premier congrès fédéral - , « envahissez-nous ». Eh bien, c’est le cas, cette jeunesse de métallos et métallotes nous envahit, elle prend ses affaires en main, elle sait dire ouvertement ce qu’elle pense et n’y va pas par quatre chemin notamment les femmes et les jeunes immigrés bien plus présents que d’habitude.

Beaucoup de problèmes ont été évoqué, les documents d’orientation, bilan d’activité, financiers ont été votés largement après des débats fournis, contradictoires, parfois vifs mais très fraternels.

L’unité syndicale a fait l’objet de toutes les attentions mais avec les yeux ouverts face à un syndicalisme d’acceptation de la crise, fait de reculs et d’abandons, comme malheureusement s’y complait le syndicalisme d’accompagnement de la crise. Le pacte de responsabilité a été stigmatisé ainsi que le déni social que représente l’ANI.

Un congrès qui n’a pas manqué de dire ce qu’il pensait de ce gouvernement qui fait tout le contraire de ce qu’il avait promis, et des camarades des boites, qui avaient reçu le futur président de la république, n’ont pas mâché leurs mots pour dire ce qu’il pensait de sa politique : celle d’une trahison envers les travailleurs notamment à Florange et à Aulnay.

Une Fédération qui évolue, qui grandit en nombre d’adhérents dans une situation pourtant pas facile avec les fermetures d’entreprises de la métallurgie, les licenciements, la répression syndicale.

J’ai distingué cette idée majeure, que rien ne se fera sans le rapport de force à la hauteur de l’enjeu et donc d’avoir une stratégie qui aide et qui ne rebute pas ou qui soit rabat-joie.

Un mot aussi sur la présence des femmes, elle a grandit au congrès, elle a aussi grandi dans les syndicats et nombre de femmes deviennent des militantes et dirigeantes dans les syndicats et dans la Fédération ( notamment au bureau fédéral). C’est nouveau.

Une présence assurée des retraités, un monde retraité actuellement soumis à la diète et le congrès a salué cette grande manifestation à Paris le 3 juin qui en augurent d’autres.

Concernant les luttes, des propositions ont été faites, des dates retenues notamment le 26Juin journée de grève et de manifestation et à la rentrée une manifestation nationale sur l’ industrie. Ce que j’ai remarqué c’est cette volonté du tous ensemble mais un tous ensemble qu’il s’agit de construire et il ne peut être construit sans l’intervention des travailleurs dans leur entreprise.

Bravo à tous ces délégués-es qui ont échangé leurs expérience, faisant part de leurs opinions, de leur soif de luttes, de leur besoin d’avoir une FTM CGT à la hauteur de ces enjeux.

Et enfin, un mot, quel beau moment vécu avec émotion par tout le congrès : celui sur l’histoire du CNR que nous a délivré brillamment Claude Ven le président de l’IHS Métallurgie et l’intervention de Cécile Rol Tanguy, qui, avec des mots simples mais allant droit au cœur a rappelait en ces jours du 70 ème anniversaire de la libération de la France, le rôle joué par les résistants et notamment ceux de la métallurgie et de la libération de Paris par un des nôtres Henri Rol Tanguy.

Un beau congrès qui nous prépare à des grandes luttes dans la métallurgie, j’en suis certain.

Bernard LAMIRAND

Ancien secrétaire de la FTM CGT

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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