FRONT DE GAUCHE : EUROPE QUEL DEVENIR DE NOS RETRAITES

Publié le 15 Mai 2014

FRONT DE GAUCHE : EUROPE QUEL DEVENIR DE NOS RETRAITES

EUROPE QUEL DEVENIR POUR LES RETRAITES

Depuis plus d’une dizaines d’années, les régimes de retraites européens issus pour la plupart de la période de la libération sont mis à mal par tous les gouvernements de la Communauté Européenne.

Ces régimes de retraite s’inspiraient en particulier du rapport de Lord Beveridge qui s’attaquait à l’indigence et proclamait une Sécurité sociale pour tous. Cela eut des échos partout en Europe. C’est dans ce sens que la déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations-Unis le 10 décembre 1948 préconisait : « toute personne, en tant que membre de la société a droit à la sécurité sociale », et elle précisait : « toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien être et ceux de sa famille… elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse, ou dans les autres cas de perte de moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté ».

L’ensemble des mesures sociales prises à cette époque se sortaient ainsi des systèmes de retraites en vigueur avant la guerre dans la majorité des pays Européens sous des formes de capitalisation qui laissaient sur le carreau de nombreux salariés et particulièrement les plus démunis.

Pour la retraite, c’était une véritable conquête sociale qui s’affirmait enfin et qui permettait d’en finir avec une fin de vie difficile et misérable des travailleurs ayant à cette époque une espérance de vie de 60 ans en moyenne.

En France, particulièrement, naissait un système de retraite solidaire et par répartition basé sur les cotisations du salarié et de l’entreprise. La Sécurité sociale était confiée pour sa gestion et son fonctionnement aux salariés au sein des conseils d’administration par l’élection directe de ses administrateurs.

Les communistes et la CGT en furent les inspirateurs et les créateurs, notamment avec Ambroise Croizat ministre du travail et de la Sécurité sociale, qui eut la grande responsabilité de mettre la Sécurité sociale sur pied dès 1946 après avoir contribué à son élaboration comme président de la Commission des affaires sociales du Gouvernement provisoire.

Cette grande innovation sociale ne fut guère prisée par les employeurs et les assurances. Ils s’acharnèrent ensuite à en saper le contenu sans pour autant empêcher le système de faire progresser le niveau de vie des retraités et leur espérance de vie en retraite.

Dès les années 80 /90 s’amorçât un tournant visant à réduire en France mais aussi en Europe les droits en matière de retraites des salariés.

C’est alors la déconstruction sociale engagée par la Communauté Européenne et les gouvernements nationaux dans le cadre du marché libre et non faussé ou toute les garanties sociales sont sous le couperet de la finance et de la compétitivité.

Les conquêtes sociales sont donc considérées comme un coût et un frein pour la réalisation du profit et de sa destination vers les actionnaires.

La crise actuelle systémique du capitalisme, les mesures d’austérité prises en Europe en conséquence dans tous les pays sont l’occasion rêvée pour aussi mettre fin à ces conquêtes sociales.

Comme souligné précédemment la déconstruction de la Sécurité sociale en Europe est une priorité de la gouvernance libérale de cette Europe du « fric » ; et celle-ci l’a manifestée à diverses reprises notamment à Barcelone : (Résolution du Parlement européen sur les résultats du Conseil européen des 15 et 16mars 2002) visant à décourager les retraites anticipées et à maintenir le plus longtemps les salariés sur le marché du travail ( 5 Ans de plus ) puis ensuite par un livre blanc.

UN TRAVAIL DE SAPE AU NIVEAU DE L’EUROPE

Nous ne sommes donc plus dans la situation des années de création et de développement des systèmes de retraites que nous avions connu jusqu’au début des années 1980.

En France, les dernières mesures positives datent de 1982 avec l’arrivée de la gauche au pouvoir et la possibilité de prendre sa retraite à 60 ans à taux plein.

Dans les pays Européens les premiers reculs se manifestent en Grande Bretagne avec l’arrivée de Margareth Thatcher au pouvoir qui va faire exploser le système public réduit à un minimum pour faire place aux régimes par capitalisation devenus majoritaires dans ce pays

Dès cette période la Communauté Européenne va s’appuyer sur ce libéralisme thatchérien : tous les pays seront touchés par des mesures visant autant le système de retraite, l’âge de retraite, le calcul et le niveau des prestations et la mise en place de la capitalisation ou de fonds de pension.

De grandes campagnes sont alors menées pour culpabiliser le monde retraité avec l’idée qu’ils sont des nantis, des privilégiés, que leur situation sociale se fait au dépens de la jeunesse, qu’ils sont d’un coût exorbitant pour les générations à venir, que l’âge de la retraite doit être en rapport avec les gains en espérance de vie, que les systèmes mis en place à la libération sont obsolètes etc.

L’instauration des retraites par capitalisation

Il s’’agit de remettre en cause les systèmes publics et universels et nous avons vu se développer les régimes par capitalisation et les fonds de pensions qui, depuis, ont fait des dégâts importants notamment en Grande Bretagne où les rentes octroyées ont diminué d’une façon importante lors de la crise.

Des Fonds de pensions retraites anglo-saxons se sont multipliés et qui ont d’ailleurs pris des positions dominantes dans le capital de nombreuses entreprises industrielles européennes et sont à l’origine de destruction massive d’emplois et de sites industriels en Europe pour satisfaire les actionnaires et les rentiers.

D’autres techniques entrent aussi en action comme les retraites par points ou par compte notionnels où ne sont plus assurées les pensions qui dépendent des conditions d’attribution des points et de la situation financières des caisses concernées. Des systèmes qui précarisent les prestations retraites et qui sont sujet à des situations versatiles en cas de manque de recettes. Ces systèmes auraient la faveur en France du Gouvernement Socialiste et de la CFDT.

Lors de la crise des subprimes, ces systèmes ont procédé à des baisses de prestations en matière de retraites dans les pays Nordiques et anglo-saxons, ces systèmes sont à cotisations définies et non à prestations définies.

Les mesures d’âges

Des mesures vont alors être prises pour réduire la portée des retraites dans tous les pays européens et dans une premier temps en allongeant l’âge de la retraite et en le portant par étapes successives à 65 ans et pour certains pays à l’envisager à terme à 68 voir 70 ans. Le nombre d’années de cotisations sert également pour reculer l’âge de la retraite.

Avant ces mesures, la quasi-totalité des ayants-droit des pays membres de l’Union Européenne pouvaient obtenir leur retraite à 60 ans et des formes particulières existaient pour de préretraites plus tôt mises en place pour diverses raisons (femmes, conditions de travail, maladies professionnelles, handicaps, dispenses d’activité et cessation d’activité en cas de licenciements pour causes économiques etc. ).

Modifier les formes de financements

Une bataille est engagée pour en terminer avec les cotisations sociales dites patronales pour les remplacer par l’impôt et donc faire payer les ménages et libérer pour le capital de l’argent pour les profits. Celle-ci est en cours en France ou le gouvernement et le patronat et certaines organisations syndicales viennent de décider par un « pacte de responsabilité d’exonérer les entreprises des cotisations sociales » liées aux allocations familiales.

QUELQUES EXEMPLES EN EUROPE D’EVOLUTION REGRESSIVES EN MATIERE DE RETRAITES

ITALIE : Le système de retraites en Italie a subi des réformes profondes dans les années 1990, qui visaient aussi bien à développer la retraite par capitalisation qu'à diminuer le coût de la retraite par répartition en limitant les possibilités de partir tôt avec une retraite à taux plein.

GRANDE BRETAGNE : Les pensions publiques ont été fortement réduites depuis une vingtaine d’années et les gouvernants ont favorisé les dispositifs de couverture complémentaire privé . L’âge de départ à la retraite est programmé pour atteindre 68 ans.

ESPAGNE : Le système s'organise entre un système public de retraite par répartition et un système de retraite par capitalisation, le gouvernement veut aussi porter l'âge minimum de départ à 67 ans.

ALLEMAGNE :Le système de retraite en Allemagne a connu depuis 2005 des réformes qui ont visé à développer la retraite par capitalisation. Une retraite anticipée existe pour les chômeurs, les femmes et les handicapés. Globalement l’âge de la retraite se situe actuellement à 63 ans.

SUEDE : L’âge légal de départ à la retraite en Suède est 65 ans, mais des dérogations font que l'on peut la prendre à partir de 60 ans. La pension dépend du montant des cotisations, mais aussi de l'espérance de vie moyenne lors du départ à la retraite, et de la croissance économique. C’est un système à cotisation définies ce qui veut dire que les prestations sont fixées en fonction de la situation économique et sociale.

FRANCE : La France est depuis la création de la Sécurité sociale pourvu d’un régime de retraite par répartition. Les fonds de pensions sont inexistants. Ils existent des retraites complémentaires sur la base de cotisations et prestations définies.

La durée de cotisation pour une retraite à taux plein augmentera d'un trimestre tous les 3 ans, jusqu'à 43 ans en 2035 (41,5 ans avant la réforme) et portera la retraite à 67 ans.

LE ROLE DE LA COMMISSION EUROPENNE ET DES GOUVERNEMENTS NATIONAUX

Ces mesures régressives sont prises au niveau de chaque pays, la Commission de Bruxelles n’ayant pas vocation sur le plan social à prendre des décisions à son niveau et qui restent encore aujourd’hui du domaine des Etats. Cependant elle est à l’initiative par la méthode ouverte de la coordination sociale à faire des propositions et elle travaille sur des recommandations qu’elles adressent à chaque état. L’insistance et la connivence avec les gouvernements font que les recommandations deviennent des décisions à prendre et à imposer aux populations sans leur accord.

Tous ces changements ne sont pas venus donc par hasard ou par le seule volonté d’un pays, ils sont l’objet d’une véritable orientation décidée par les pays membres de la Communauté Européenne.

La Commission Européenne en travaille le contenu et fait des propositions en vu de mettre en coordination les politiques en matière sociales en adéquation avec celles visant à réduire le coût du travail. Tout cela est en complète harmonie avec les décisions d’austérité.

Des dispositions ont été prises ainsi pour y parvenir à travers notamment un livre BLANC des retraites publiées par la Communauté Européenne et à laquelle chaque pays doit tendre.

Le but étant d’adapter les retraites à la situation économique de chaque pays dans le cadre de la réduction de la dette et en même temps de libérer les entreprises privées et les Etats membres d’un financement jugé excessif.

QUELS SONT LES ARGUMENTS DU LIVRE BLANC

L’âge de la retraite

« Veiller à ce que le temps passé à la retraite ne continue pas à augmenter par rapport à la durée de la vie active concourrait à l’adéquation et à la viabilité des systèmes de retraite. Il faudrait donc augmenter l’âge auquel les citoyens cessent de travailler et perçoivent une pension. (Conclusions de la présidence du Conseil européen de Barcelone des 15 et 16 mars 2002 (SN 100/1/02 REV 1).

Les fonds de pension

: « que le crise a montré l’importance de l’approche européenne en matière de régimes de retraites. Elle a aussi mis en évidence que les fonds de pension étaient un élément important du système financier »…

« Les fonds de pension font partie intégrante des marchés financiers et leur conception peut encourager ou freiner la libre circulation de la main-d’œuvre ou des capitaux ».

La démographie et l’espérance de vie

« Les dernières prévisions démographiques annoncent une nouvelle augmentation d’environ sept ans d’ici 2060. Conjuguée à de faibles taux de fécondité, cette situation entraînera un bouleversement de la pyramide des âges. En conséquence, le rapport de dépendance économique des personnes âgées doublera: si l’on compte actuellement quatre personnes en âge de travailler pour chaque personne de plus de 65 ans, elles ne seront plus que deux pour une d’ici 2060

L’adéquation des régimes de retraite

«Comme les taux de remplacement garantis par les retraites

publiques vont diminuer dans la plupart des cas il importe d’offrir suffisamment de possibilités de constitution de droits complémentaires par exemple, en permettant aux citoyens de travailler plus longtemps et en facilitant l’accès aux régimes de retraite complémentaires

Clairement est annoncé qu’il faut modifier de fond en comble les systèmes de retraites en Europe dans leur dimension d’origine, d’âge, de financement et d’en réduire les portées dans tous les pays de l’Europe.

Et pour parfaire le tout, la Commission Européenne a publié un guide sur les politiques sociales où elle livre son verdict : « La structure de la société et de l’économie a changé d’une façon telle que des politiques qui étaient autrefois viables ne le sont plus aujourd’hui ».En clair est finie la politique sociale qui a présidé à la libération de l’Europe avec des systèmes de retraites solidaires et par répartition.

Et la Commission Européenne annonce carrément l’objectif de travailler plus longtemps à l’heure où nous vivons plus longtemps, et de surcroit en bonne sante, indique t’elle.

Or ce verdict s’appuyant sur la bonne santé et l’espérance de vie provient justement des améliorations apportées à la protection sociale des travailleurs et de leurs familles depuis la fin de la guerre et de régimes de sécurité sociale publics qui l’ont permis.

Le fait qu’actuellement se dégage actuellement une inversion dans l’espérance de vie conduit à démontrer que l’allongement de l’âge de la retraite conduit inexorablement à une inversion de l’espérance de vie en bonne santé et aussi à des premiers reculs déjà constatés concernant l’espérance de vie, notamment des catégories de salariés les plus fragilisées par la crise, par les bas salaires, par la précarité de l’emploi et aussi par l’appauvrissement des retraités et pensionnés.

Cette Europe libérale n’est pas l’Europe sociale, elle est l’Europe du recul social et de l’insécurité sociale.

Le Parti Communiste et le Front de gauche, le parti de la gauche Européenne ont donc toutes les raisons de mener bataille contre ce que l’on peut considérer comme le démantèlement programmé des formes de Sécurité sociale publique.

Comment mener un combat pour rénover et relancer la protection sociale Européenne

-Créer à ce niveau Européen les conditions pour que les populations européennes se mobilisent.

-Assurer à toutes les populations Européennes une retraite décente basée sur les régimes publics et refusant toutes les formes de retraites par capitalisation .

-Garantir un âge de la retraite permettant à tous de vivre une vie nouvelle et de bénéficier d’un temps disponible se rapprochant de l’âge de 60 ans pour tous les hommes et femmes .

- Conforter les financements des retraites par les cotisations sociales et par une taxation de revenus financiers.

- Protéger les retraités et pensionnés tout au long de leur retraite en choisissant l’assistance en cas de perte d’ autonomie par un financement public leur permettant d’être prise en charge par la Sécurité sociale où les organismes similaires tant dans le domaine des soins que de l’accueil.

- Il s’agit pour y parvenir que l’UE instaure un véritable contrat social pour l’Europe comme le demande la Confédération Européenne des syndicats.

Oui, il est plus que jamais nécessaire de passer à la contre-offensive et d’engager les luttes contre l’insécurité sociale tant dans le domaines des retraite, de l’assurance maladie, des allocations familiales, des accidents du travail et du chômage.

Il faut donc mettre en place l’Europe du monde du travail en matière de protection sociale, un programme européen de protection sociale positif s’impose donc.

Ce que nos prédécesseurs ont construit dans une période difficile est aujourd’hui indispensable au vu des richesses qu’il s’agit d’affecter aux besoins sociaux des peuples européens.

Il est donc important que le 25 mai, les travailleurs élisent des députés Front de Gauche aux élections européennes.

Bernard LAMIRAND

Adhérent Section PCF de Creil-Nogent

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I

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Retraites

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