CALAIS : QUELLE HONTE DE TRAITER AINSI LES HOMMES

Publié le 29 Mai 2014

CALAIS : QUELLE HONTE DE TRAITER AINSI LES HOMMES

CALAIS ICI CALAIS TOUT LE MONDE DESCEND

Combien de fois ai-je entendu ce message à la gare centrale de Calais quand j’étais à quatorze quinze ans un jeune ouvrier apprenti venant travailler comme jardinier dans une résidence bourgeoise.

En écho, je l’entends à nouveau cette information SNCF, aujourd’hui, quand j’apprends ce qui s’est passé dans cette ville où j’ai passé une partie de ma jeunesse de jeune exploité.

« Ici Calais, tout le monde descend » : oui, aujourd’hui, à Calais les immigrés y descendent, font escale forcée, veulent gagner la terre promise, celle où enfin ils pourront vivre décemment mais ils en sont empêchés par ceux qui veulent faire de l’Europe un pays entouré de barbelés et de miradors.

La terre promise n’est pas cette France qui vient de voter FHAINE, c’est l’Angleterre, juste en face de Calais, à quelques dizaines de kilomètres où l’on voit par temps clair les côtes britanniques se dessiner.

Terre promise, certainement pas, mais un endroit où enfin l’on pourra vivre et non pas choir dans des abris en cartons, dans la saleté, dans l’abandon comme à Calais depuis la destruction par Sarkozy des lieux d’accueil de Sangatte.

Calais souffre de voir ces malheureux erraient dans la ville, être bloqué par les règlements de ce marché libre et non faussé qui laisse passer les marchandises et les hommes à la valise remplis de fric pour la City, par le tunnel sous la Manche, mais refusent aux pauvres réfugiés de s’y rendre.

Depuis longtemps, heureusement, des hommes et des femmes de la région, venant du peuple, leur viennent au secours et leur donnent assistance dans les pires conditions.

Chapeau…. Chapeau, au moment où une haine intolérable se dirige vers l’immigré, vers celui qui fuit les combats et les guerres civiles, la misère et la pauvreté.

Certains sont prêts à mourir pour gagner un havre où ils pourront enfin bâtir une vie sociale. Certains fuient à la nage ou dans des embarcations sommaires qu’ils ont construits eux-mêmes.

Hier, le préfet, aux ordres du gouvernement, a décidé de les déloger de ces camps en cartons pâtes, de ces quelques tentes ou règnent l’insalubrité. Ils ont trouvé une excuse, une épidémie de gale est entrain de se développer et pour l’enrayer il fallait détruire leurs misérables demeures.

Alors ils ont tout détruits avec des pelleteuses, mais ils n’ont pas offert un abri digne pour que l’insalubrité disparaisse et les maladies qui en sont la conséquence.

A la télévision, j’ai vu ces autocars alignés les uns derrière les autres pour les embarquer vers des lieux de décontamination : cars vides car les immigrés en question ont eu peur d’une rafle pour les renvoyer vers « je ne sais où ».

Voilà, comment on traite les êtres humains en ce vingt et unième siècle.

Heureusement que des hommes et des femmes, des mouvements caritatifs comme le Secours catholique ou le Secours populaire et autres viennent aider ces personnes. Et je m’adresse à ceux qui croient et qui, aujourd’hui , parfois se laissent entrainer par le rejet de l’autre et je reprends cette écriture du nouveau testament :
« Mon troupeau est errant sur toutes les montagnes et sur toutes les collines élevées, mon troupeau est dispersé sur toute la face du pays; nul n’en prend souci, nul ne le cherche. Ezéchiel 34.4/6

Oui, ces paroles valent pour toutes et tous, croyants et incroyants, elles sont des paroles fortes contre l’exclusion, elles sont celles qui rejettent la haine et les discours racistes, xénophobes, antisémites et anti-immigrés.

A Calais, des bonnes âmes se dépensent, mais d’autres, les lèvres imbibées de haines ont voté pour "La Le Pen" à plus de 30% dimanche dernier à Calais. Quelle honte….

L’Europe est l’objet du retour de la bête immonde, elle se cache sous des parures avenantes, mais elle est là et elle s’est montré dimanche. Un de ses disciples n’hésite plus enfoncer le clou du rejet : Le Pen éructe qu’il y a trop de population sur la terre, qu’il faudrait que le virus Ebola en extermine le trop plein, pour ainsi dire : l’abject est là, à nouveau, sous nos yeux.

Alors, à Calais et ailleurs, ne laissons pas faire. Laissons les peuples et les miséreux circuler et vivre là où ils le veulent car la terre n’appartient pas à la caste des émirs et des financiers, qui eux , peuvent rouler carrosse et vivre librement partout parce qu’ils ont du « pèze » et où bon leur semble pour dépouiller les peuples.

Alors faisons en sorte que nos gouvernants ne choisissent plus la matraque contre ces réfugiés et que l’Europe au lieu de se fermer pour les miséreux et de s’ouvrir pour que l’argent roi circule, soit une Europe du partage des richesses créées pour les peuples.

Aux travailleurs, ne laissons pas circuler et la haine et son substrat la division : travailleurs de tous pays unissons-nous !

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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