MARYSE DUMAS DECLARATION

Publié le 30 Avril 2014

MARYSE DUMAS DECLARATION

Maryse Dumas, Membre Cgt Au Conseil économique, Social Et Environnemental.
« Ça passe ou ça craque », c’est le raisonnement du gouvernement Valls. Après avoir payé pour les banques, nous voici contraints de payer pour des transferts massifs de fonds publics vers les entreprises et leurs actionnaires. A l’évidence ni la « sensibilité de gauche » du gouvernement et l’alerte des municipales, ni le bilan désastreux des politiques austéritaires menées ailleurs ne sont de nature à faire varier le président de la République et son premier ministre. Seule une levée en masse populaire pourrait y parvenir. Or, tout en la craignant, le premier ministre tente le passage en force. Son calcul est que les conditions ne sont pas réunies pour un tel mouvement. Et c’est bien là le problème !A gauche, en effet, l’expression du désaccord se fait davantage sur le mode du retrait que sur celui de l’intervention : retrait des urnes, retrait du débat politique, retrait des luttes dès lors qu’elles portent sur les enjeux de la politique menée par le gouvernement. Les luttes sociales d’entreprises ou de secteurs professionnels persistent, et c’est heureux, mais à la condition d’un enracinement professionnel et syndical.
Convergences et tous ensembles restent pour l’heure difficiles. Au contraire, « Manif pour tous », « bonnets rouges » ou « Yes week-end » ont fait leurs choux gras de l’inversion des mots d’ordre et des valeurs, n’hésitant pas à détourner au service d’objectifs réactionnaires une bonne partie des modes opératoires des manifestations progressistes. Il est légitime alors de chercher à ne pas laisser l’expression politique des manifestations de rue monopolisée par les forces les plus rétrogrades. La tentation est forte, alors, de rallier les déjà convaincus, ceux qui partagent le même diagnostic et les mêmes objectifs, voire les directions de tel ou tel syndicat. Mais elle est mauvaise conseillère. L’histoire montre en effet qu’il y a là le risque d’un raccourci dangereux. La recherche de rassemblement doit viser le plus grand nombre. Elle ne peut faire l’impasse d’un patient travail d’écoute de confrontation et de construction avec les millions de personnes qui doutent, « ne croient plus en la politique ni en ceux qui en font », de celles et ceux aussi qui au bout de tant d’années de combat se laissent aller à la résignation. Permettre à chacune et chacun de reprendre confiance dans son propre pouvoir d’agir en solidarité avec les autres et de parvenir ainsi à changer le cours des choses au quotidien autant que sur les grandes questions est incontournable. Dans cette démarche, le syndicalisme peut jouer un rôle décisif, à condition de pouvoir, en toute indépendance, déployer toutes ses ressources à la fois revendicatives et de rassemblement des salariés quelles que soient leurs opinions politiques. L’indépendance et le rassemblement du syndicalisme au service des mobilisations sociales sont plus que jamais une question politique majeure à laquelle toutes les forces de transformation doivent veiller sous peine de compromettre durablement les possibilités de mobilisations sociales alternatives. ■

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article