Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

LE GOUVERNEMENT DU RENONCEMENT SOCIAL S'EST REUNI

Publié le 4 Avril 2014 par aragon 43 in politique

LE GOUVERNEMENT DU RENONCEMENT SOCIAL S'EST REUNI

Ce vendredi matin, l’équipage gouvernemental s’est réuni pour fixer son cap et ses missions.

La photo de groupe à la sortie de l’Élysée ressemblait à celle d’une équipe qui va sur le terrain après avoir pris une sévère « piquette » au match précédent.

Seul l’entraineur a été changé, le gardien de but a des problèmes de vue et a fait alliance avec l’adversaire pour laisser filer le ballon dans ses buts, les autres joueurs semblent n’être là que pour la photo de la confrérie de ceux qui vont faire pénitence à Canossa, photo que l’on garderait en souvenir pour expliquer plus tard aux petits enfants que l’on en faisait partie mais que le match s’est malheureusement conclu par la débâcle.

Comment, en effet, pourrait-il en être autrement quand le porte parole du gouvernement indique que l’objectif de l’équipe gouvernementale sera exactement le même que celui d’avant les Élections municipales.

Le Premier ministre, indique ce porte parole, fera une déclaration de politique générale la semaine prochaine et la confiance sera demandée aux députés et le Premier ministre annoncera que la priorité sera portée sur les questions économiques et l’emploi.

Diable... n’était-ce pas l’orientation du gouvernement Ayrault ?

On a vu les résultats !

L’accent est mis sur le pacte de responsabilité auquel est adjoint le qualificatif « solidarité ». Mais quelle solidarité quand ne seront pas remis en cause les 30 milliards de cadeaux au patronat et les 50 milliards d’économie qui seront tirés sur les revenus des plus modestes, sur les services publics amoindris, sur les prestations sociales etc. Quelques miettes de pouvoir d’ achat en prenant sur les cotisations sociales ne feront pas une politique de solidarité mais plutôt une politique de marchand de tapis où les perdants seront ceux qui achèteront du toc.

Bien sûr, attendons la déclaration de politique générale que fera le Premier ministre libéral, mais les dés sont pipés d’avance, le pacte de responsabilité (irresponsabilité) restera l’armature essentielle de l’action de ce gouvernement aux ordres des banques, des patrons,des financiers, des libéraux et de la commission de Bruxelles.

D’autre part il est inadmissible de parler de solidarité quand on touche à ce qui est la matrice financière de la Sécurité sociale, mise en place à la libération selon les principes du CNR: la cotisation du salarié et de l’entreprise.

Croizat en avait été l’inspirateur avec les dirigeants de la CGT de l’époque et du PCF et ce système de financement a été choisi, y compris par les dirigeants politiques de la SFIO de l’époque - Gouin, Blum, Gazier et autres - qui considéraient que la solidarité devait reposer sur les richesses créées et ils suivaient ainsi ce qu’avait suggéré le CNR.

L’Assemblée constituante de 1946 vota à l’unanimité les mesures permettant le financement de la Sécurité sociale par la cotisation de l’entreprise et du salarié pris sur l’assiette salariale.

Évidemment le patronat n’a jamais avalé cela et mettre à bas la cotisation sociale du salarié pour soi-disant lui redonner en pouvoir d’achat fait partie de ce tour de passe-passe qui vise à la suppression pur et simple de ce grand acquis qu’est le financement solidaire. On sait déjà que le gain que le salarié récupérera sera vite mangé par la pratique des bas salaires, par des impôts supplémentaires aux ménages qui viendront suppléer les manques pour la Sécurité sociale. Il voudront alors réduire à nouveau les prestations et reculer l’âge de la retraite comme le préconisent les experts libéraux jusqu’à ceux qui lancent maintenant l’idée d’un mini-smic pour les jeunes et les CDD. Bref l’abandon par palier des cotisations entrainera un effet destructeur sur la masse salariale, sur les grilles de salaires, sur le paiement de la force de travail.

Dans son intervention, le porte parole du gouvernement indique que le Président a insisté sur la nécessité d’entendre, de comprendre le résultat des Elections municipales et d’y répondre. Mais la première chose que ce gouvernement va faire c’est d’englober dans le vote de confiance le pacte de responsabilité (irresponsabilité) qui devait être débattu et voté d’un seul contenu.

il faut y voir là la continuité des manœuvres pour faire passer à tout prix un pacte établi entre le Président du Medef et le Président de la République.

Ce gouvernement montre ainsi qu’il n’entend pas et ne veut pas entendre parce qu’il s’est mis sur la seule longueur d’onde à capter, celle du patronat et ainsi de faire payer au monde du travail la note des cadeaux aux multinationales.

Alors les ministres usent de superlatifs pour expliquer que maintenant ils forment une équipe unie, concentrée, soudée, compacte ; mais en fait ils s’agenouillent piteusement devant les revendications patronales.

Le discours de politique générale de Valls ne peut être que de la poudre aux yeux pour égarer. Mais la poudre aux yeux ne suffira pas pour reconquérir ceux qui sont restés à la maison et si le vote de confiance sera arraché aux forceps et à force de chantage sur les députés socialistes de plus en plus bousculés par les populations de leur circonscription, il n’en sera pas de même pour ceux qui ont été trompés par Hollande et compagnie.

A ceux-là, il ne leur reste plus que la voie de la rue et le 12 avril s’annonce comme une manifestation d’une très grande ampleur à Paris et le conseil que l’on pourrait donner à ceux qui se sont abstenus c’est de venir nombreux dire leur dégout de cette politique en faveur des nantis et de faire monter la pression pour mettre fin à cette trahison de Hollande et compagnie.

Bernard LAMIRAND

Commenter cet article