18 MARS : FAIRE IRRUPTION

Publié le 16 Mars 2014

18 MARS : FAIRE IRRUPTION

CGT : FAIRE IRRUPTION

Je n’ai pas inventé cette expression, elle provient de l’interview donné à l’Humanité Dimanche de cette semaine par le secrétaire général de la CGT Thierry le Paon.

Je la reprends parce qu’elle nous dit qu’il est temps de se lever et d’agir et non de regarder le match truqué qui se déroule actuellement entre le capital et le travail.

Oui faire irruption, arrêter de se déplorer, de constater les dégâts et d’en rester là, dans ses buts avec pour seul objectif de défendre sa surface de réparation.

Je sais, ces paroles risquent de paraitre excessives, surtout au moment où les travailleurs vivent la pire des crises sociales depuis la dernière guerre et qu’un gouvernement qui se dit de « gauche » prête la main au patronat pour déconstruire les acquis sociaux de la libération et de ce fameux programme du Conseil national de la Résistance.

S’il faut dire la vérité, même quand elle est noire, il ne faut pas s’enfermer dedans et vivre un « mal-vivre » qui nous coupe les pattes et nous empêche de réagir.

L’heure n’est plus aux constats, à détailler les coups et de où ils proviennent : nous savons, nous connaissons ceux qui tirent les ficelles, ceux qui se défilent et cèdent, ceux qui demandent chaque jour des sacrifices en nous disant que demain cela ira mieux : nous flétrissons alors régulièrement l’imposture et les renoncements mais cela ne donne t’il pas l’impression d’une machine de guerre inexorable qui détruit tout et dont rien ne peut arrêter la course infernale si on en reste là ?

Il requiert de casser ce pessimisme ambiant.

Je ne dis pas qu’il faut enjoliver ce qui ne l’est pas, mais il faut trouver le moyen de redonner confiance à la lutte.

Oui, voilà le mot prononcé : la lutte.

L’irruption de celle-ci dans le paysage social, sociétal, politique, culturel et pas seulement donc de s’indigner comme le disait Stéphane Hessel mais de se révolter et de créer les conditions de mobilisations de grande ampleur.

Et la première chose à faire c’est de faire souffler l’esprit de révolte, c’est faire irruption là où le libéralisme et une gauche de compromission ont enfermé, anesthésié, mis sous cloche tout esprit revendicatif.

Il n’y a pas de recette miracle pour y parvenir mais un peu de bon sens nous indique que par la parole et les actes on peut insuffler un esprit de lutte et donc d’irruption sur le terrain de la vie sociale, sociétale et politique.

« On n’y peut rien », « le c’est foutu », « c’est le pot de fer contre le pot de terre » sont des mots et des expressions qu’il faut combattre parce qu’ils servent à mettre hors jeu les luttes.

Le terrain revendicatif est là devant nous, il suffit d’y mettre le bon terreau pour qu’il pousse à nouveau et en ce printemps il est bon de l’ensemencer.

Et alors il faut se parler entre travailleurs, entre retraités, entre militants, pour voir comment trouver les actions qui permettent de mobiliser, de donner confiance, d’être ensemble unis sur des objectifs revendicatifs.

Et s’il s’agit de commencer par un bout commençons par le bout que ça vient : et cela peut être les conditions de travail qui se dégradent dans les ateliers et services, cela peut être les salaires qui n’ont pas été augmentés, cela peut-être des jeunes hommes ou femmes qui trainent dans la boite de CCD en CDD et qu’il faudrait embaucher définitivement, cela peut être la pension de retraite qui n’a pas été revalorisée et qui risque de ne pas l’être, y compris l’an prochain etc.

Et puis parler, dire, faire , consiste aussi à se réunir, à débattre, à prioriser la vie syndicale, les travailleurs et non les rencontres à l’infini dans la frénésie de la délégation de pouvoir.

Alors faire irruption, c’est entrer dans la mêlée, se mouiller, être comme un chien dans le jeu de quille patronal, gouvernemental, collaborationniste et changer la donne.

Facile à dire, pas facile à faire, mais étais-ce facile aux résistants en pleine tourmente de produire un programme du CNR dit « Des jours heureux » et donc de se mettre en ordre de bataille par de multiples faits de résistance pour qu’il vient à voir le jour et être ensuite mis en application.

Irruption, revendication, luttes, rassemblements : oui nous avons du pain sur la planche et plein de raisons d’y croire.

Alors bâtissons les luttes et le 18 Mars, on y va et on fait irruption.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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