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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

PACTE DE RESPONSABILITE : DIALOGUE ENTRE UN PATRON ET LES SYNDICATS

Publié le 25 Janvier 2014 par aragon 43 in syndicalisme

PACTE DE RESPONSABILITE : DIALOGUE ENTRE UN PATRON ET LES SYNDICATS

LE PACTE DE RESPONSABILITE : DIALOGUE ENTRE UN PATRON ET LES SYNDICATS

Le patron que nous appellerons Monsieur « toujours moins » et les syndicalistes que nous appellerons messieurs « toujours plus » se sont réunis pour discuter du pacte de responsabilité.

Explication de ces termes :

« Toujours moins » parce que les patrons n’ont de cesse de réduire la voilure sociale au détriment du monde du travail et « toujours plus », comme une sorte de pied de nez à un défenseur du capital, François de Closets, qui accusait les syndicats d’en vouloir toujours plus. On sait où on en est aujourd’hui avec la misère sociale entrain de se développer dans notre pays.

J’ai donc réuni tous les syndicats sur cette appellation « Toujours plus » dans l’espoir qu’ils seront unis pour rejeter ce pacte et exiger une forte hausse de ce que les patrons appellent : le coût du travail. Espérons le…..

Monsieur Toujours moins ;

Voilà, je vous ai réunis ce matin pour discuter du pacte de responsabilité conclu entre le président de la République et notre Président du Medef, pour examiner comment nous allons l’appliquer dans notre entreprise.

Messieurs Toujours plus ;

D’abord une chose, vous dites « notre président du Medef » : nous n’avons rien à voir avec cet individu ni non plus avec le président de la République qui roucoule avec lui.

Monsieur Toujours Moins ;

Bon, entrons dans le vif du sujet, nous nous félicitons de la fin des cotisations patronales concernant les allocations familiales, cela va mettre un peu du beurre dans les épinards. On nous demande des contre- parties, comme vous le savez notre entreprise va mal, notre carnet de commande s’étiole, nous sommes obligés de transférer des productions à l’étranger pour maintenir notre chiffre d’affaires et satisfaire nos actionnaires qui réclament leur juste dû. Nous sommes victimes de la concurrence internationale et nous devons être plus compétitifs encore, donc toucher à ce coût du travail qui nous étrangle.

Messieurs Toujours plus ;

Bla-bla- bla … Si vous voulez être compétitif, augmentez les salaires, c’est le meilleur moyen de développer la consommation et donc les productions et par ricochet les emplois et en même temps réduisait la voilure concernant le coût du capital. Vous avez depuis 10 ans bénéficié des largesses de l’état avec les exonérations de cotisations sociales. Qu’avez-vous fait de cet argent qui devez permettre d’embaucher comme le Medef le disait ?

Cet argent vous l’avez uniquement utilisé pour le refiler aux actionnaires qui se sont empressés de le diriger vers les paradis fiscaux ou dans les banques pour spéculer et vous venez pleurer dans notre gilet, vous vous foutez de nous qui produisons les richesses !

Monsieur toujours moins ;

Passons aux choses sérieuses, nous sommes obligés de vous réunir, certes pour la forme, Monsieur Sapin nous l’a dit, et il nous a précisé que la parade c’est de leur dire que « les profits d’aujourd’hui feront les emplois de demain ». Alors nous vous réunissons pour que ce soit mis au procès verbal que nous nous sommes rencontrés et que nous vous avons proposé des contreparties. Monsieur Sapin nous a précisé que le principal n’était que de vous réunir et ensuite de faire comme nous l’entendions. Donc ne vous attendez pas à ce que nous augmentons vos salaires et améliorons vos conditions de travail. Nous comptons sur vous pour que dans le pacte de responsabilité vous acceptez de très gros sacrifices.

Messieurs Toujours plus ;

Lesquels ?

Monsieur Toujours moins ;

Notre entreprise va mal, comme je vous l’ai dit, l’exonération des cotisations sociales des allocations familiales, c’est une goutte d’eau, c’est insuffisant, nous pensons appuyer le pacte de responsabilité d’une manière beaucoup plus approfondie à partir des charges à réduire, par exemple nous pourrions accélérer davantage l’accord national sur la flexibilité du 11 janvier traduit en loi en le portant définitivement sur la réduction des salaires de tout le personnel d’exécution pendant 10 ans, en précarisant les emplois selon notre volonté - vaut mieux un emploi petitement rémunéré que pas d’emploi du tout- , en allongeant le temps de travail à 39 H sans compensation, voir aussi des heures supplémentaires sans majoration, en réduisant les jours fériés à leur plus simple expression, c'est-à-dire le jour de Noël et le lundi de pâques pour ne célébrer que les fêtes religieuses principales et en terminer avec des commémorations comme celle du 1er mai qui n’a plus de raison d’être.

Je pense aussi qu’il faudrait revoir les conventions collectives : a-t-on encore besoin de conventions quand doit régner dans l’entreprise un esprit de confiance et de croyance envers ceux qui dirigent l’entreprise et bien sûr entre partenaires embarqués dans le même bateau et quand doit être clairement exprimé le rôle du chef d’entreprise comme le garant de tous.

Messieurs toujours plus ;

En clair vous nous demandez à nouveau des sacrifices pour que vos actionnaires s’en mettent plein les poches ?

Monsieur toujours moins ;

Exactement, sinon je m’en vais en Roumanie, je peux faire travailler des gens pour presque rien là-bas, ou mieux encore, Monsieur Sapin m’a dit que je pourrais en faire venir ici pour quelques sous.

Messieurs toujours plus ;

Alors c’est cela votre pacte de responsabilité ?

Monsieur Toujours moins ;

Oui, nous avons obtenu l’accord du Président de la République. Monsieur Gattaz, notre Président, est devenu notre confident auprès de monsieur Hollande pour qu’il en soit ainsi. Nous avions anticipé sa conversion, nous pensions dès le départ, même quand il avait dit que son ennemi était la finance, qu’il le disait pour endormir les salariés et les électeurs de gauche, cela s’est vite vérifié quand Monsieur Montebourg s’est retourné comme une crêpe et qu’il s’est mis à nous aider pour réduire le coût du travail, car vous devez savoir que c’est vous qui coutez cher. Monsieur Ayrault est d’accord là-dessus. Messieurs, vous n’avez besoin que le strict nécessaire pour renouveler votre force de travail et c’est tout.

Messieurs Toujours plus ;

N e comptez par sur nous pour un tel pacte dans l’entreprise. Nous, nous allons faire un pacte avec les salariés, engagez la lutte pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail et pour qu’aucune distribution de dividende ne soit faite.

Monsieur Toujours moins ;

Alors vous le signez ce pacte de responsabilité ?

Messieurs Toujours Plus ;

Allez vous faire foutre……………………

De la part de Bernard LAMIRAND

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