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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

LES SALAIRES : FAISONS EXPLOSER LES LUTTES

Publié le 5 Janvier 2014 par aragon 43 in syndicalisme

LES SALAIRES : FAISONS EXPLOSER LES LUTTES

LES SALAIRES ENJEU PRINCIPAL 2014

2014 doit être l’année du redressement salarial après les déconvenues liées aux décisions de Hollande et de son gouvernement de faire le choix de réduire ce qu’il appelle le coût du travail au grand bénéfice du capital.

Il ne s’agit donc plus de compter les mauvais coups, d’en faire l’inventaire, de pleurer, mais de rendre coup pour coup.

Les salaires sont au cœur de cet enjeu.

La CGT a raison de mettre en avant cette bataille.

Elle doit être menée dans chaque lieu de travail et aussi auprès de ceux qui ont quitté le travail pour la retraite ou qui en sont privé à cause du chômage et de la précarité.

Les retraites et les allocations chômage font partie de cette bataille.

L’activité revendicative est donc cruciale en ce début d’année et il ne faut pas se contenter d’attendre une éventuelle convocation patronale pour agir sur cette question et notamment d’attendre, comme des enfants sages, la NAO (négociation annuelle obligatoire) qui se passe le plus loin possible des lieux de travail pour ne pas se retrouver face aux délégations de travailleurs revendicatifs.

Il faut donc mener une grande bataille d’idées autour de ces questions dans les entreprises, les services et les bureaux.

D’abord montrer que les patrons ne sont pas sur la paille, qu’ils ont réalisés des profits importants ces dernières années et qu’ils n’ont jamais été aussi riches, qu’ils ont choisis de distribuer le résultats des richesses créées par le travail salarié aux actionnaires et aux PDG plutôt que de les attribuer aux salariés et aux retraités.

Il faut donc mettre par terre cette idée que le travail est une charge mais que ce sont par contre les charges du capital qui coutent chères; notamment celles de la distribution de dividendes, des frais financiers énormes en intérêts et agios bancaires qui renversent les salaires comme une balance qui penche du coté du fric. Ce sont ces charges là dans l’entreprise qu’il faut se défaire.

Pourquoi pas plusieurs années de blocage total de la rémunération du capital et des actionnaires plutôt que la baisse ou la stagnation des salaires et retraites ?

Depuis des années, le patronat nous a mis sous la défensive concernant la reconnaissance des qualifications professionnelles et nous observons que dans les entreprises l’embauche, l’évolution de carrière, la détermination de la valeur du point sont souvent laissés en jachère, sous le poids de l’idéologie dominante comme quoi il faut faire abstinence de son évolution de carrière.

On mesure là les effets de l’idéologie dominante comme quoi l’on coûterait trop cher jusque dans les aspects les plus graves de la vie sociale à l’entreprise; je veux dire les conditions de travail, la santé et la vie personnelle des travailleurs qui en sont affectées tôt au tard.

Un exemple : des salariés font des heures supplémentaires le dimanche ou travaillent la nuit pour améliorer une paie qui prend l’eau de toute part: ces salariés ne voient plus les lignes premières de leur feuille de paie autour de la qualification reconnue, du salaire brut, de l'horaire légal . Ils s’abandonnent alors à l’aggravation des conditions de travail et aux répercussions plus tard sur leur santé et leur emploi. Ils font ainsi le deuil de leurs droits face aux plaintes inventées de toutes pièces par des patrons qui ne pensent qu’à faire suer le « burnous ». Et ceux-ci ont alors beau jeu de les faire travailler avec la carotte sous le nez pour un travail supplémentaire pour améliorer l’ordinaire et mettre du beurre dans les épinards comme ils disent, un beurre avarié pour celui qui le dégustera.

Un grand travail est donc à réaliser pour sortir les salariés de cette torpeur salariale, de cette anesthésie idéologique qu’ils subissent autour du coût du travail, véritable comédie patronale pour réduire le prix de la force de travail.

La bataille pour inverser cette idéologie mortifère pour le monde du travail est alors une nécessité.

Une des première chose à faire dans l’entreprise, qu’elle soit petite, moyenne, grande : c’est exiger un vrai salaire, un temps de travail conventionnel, celui des 35 heures, la reconnaissance de sa qualification, la fin du travail précaire.

Pour tous les salariés la grille et la valeur du point doit redevenir le lien fort qui détermine la politique salariale de l’entreprise.

Il me semble qu’il faut réveiller ces concepts en la matière et ne pas hésiter à en discuter avec chaque travailleurs de son salaire, de comment l’augmenter, de lui-même jauger ses compétences et sa qualification pour la comparer à cette grille de qualification et de la valeur du point à reconstituer d’une manière réelle et non virtuelle.

Il faut revenir à ce B-A- BA syndical.

Le rôle du délégué du personnel est alors important. A lui de susciter avec le syndicat cette démarche et à monter à la direction comme on dit avec les intéressés pour réclamer leur dû.

Aux dividendes substituons l’augmentation des salaires.

Une telle politique est alors contributive d’emplois nouveaux et de recul du chômage et en même temps cela fait repartir l’économie.

Il faut mettre un terme à la concurrence salariale par le moins disant patronal et porter activement la bataille sur les salaires.

Créons les conditions du mécontentement et de la lutte sur les salaires et la reconnaissance des qualifications.

Les défilés qu’ils soient aux niveaux du service, de l’entreprise toute entière, au niveau du groupe qu’il soit national ou multinational, c’est alors mener la bataille de classe face à ceux qui spolient les travailleurs de leur dû.

En début d’année, prenons la bonne direction : plein de luttes pour les salaires.

Bernard LAMIRAND

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