PIERRE LAURENT INTERWIEW LIBERATION SUR L'EUROPE

Publié le 15 Décembre 2013

PIERRE LAURENT INTERWIEW LIBERATION SUR L'EUROPE

INTERVIEW

Au congrès du Parti de la gauche européenne, le patron du PCF explique pourquoi le Grec a été choisi comme candidat à la présidence de la Commission.

Le Parti de la gauche européenne (PGE) organise ce week-end son quatrième congrès à Madrid. En ligne de mire: les élections au Parlement de Strasbourg du 27 mai prochain. Patron du Parti communiste français (PCF) et président du PGE, Pierre Laurent explique ce que cette gauche veut mettre en débat et pourquoi ils décident de présenter le grec Alexis Tsipras comme candidat à la présidence de la Commission européenne.

Nous appelons à repenser la conception de l’Union européenne, inventer un nouveau type d’union, plus souple, qui soit respectueux des peuples. L’UE est aujourd’hui ultracentralisée, autoritaire. Ce fonctionnement provoque le rejet de la construction européenne par les citoyens. Il faut faire de l’UE autre chose qu’une simple zone de libre-échange.

Nous allons d’abord adopter un texte d’orientation politique et proposer l’organisation d’un «Forum européen des alternatives» annuel pour permettre à des forces politiques, sociales et syndicales de travailler à des alternatives politiques. Le premier aura lieu à l’automne 2014. Nous voulons également organiser un sommet européen sur la question de la dette à Bruxelles avant les élections européennes. Enfin, nous allons décider des grands axes d’une plateforme programmatique.

Cette gauche européenne doit être un acteur majeur des prochaines élections européennes. En mai, nous pouvons obtenir une forte poussée de la gauche en Europe et devenir le troisième groupe politique au Parlement européen. Nous allons faire de bons scores en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce, au Danemark, en République tchèque... Pour cela, nous avons besoin d’un porte-voix. La désignation d’Alexis Tsipras revêt une forte dimension symbolique parce que la Grèce a été le cobaye des politiques d’austérité en Europe. Il peut fédérer, catalyser notre campagne.

Lorsque les mémorandums imposés par le Troïka dans les pays en crise ont été mis en place, certains d’entre nous ont pu se poser la question de sortir de l’euro. Mais très vite, cette hypothèse a été abandonnée. La conséquence aurait été pire que le mal. On aurait abandonné l’idée d’une Europe solidaire. Nous ne sommes pas pour une mécanique qui conduirait à faire exploser la zone euro mais nous sommes pour transformer la zone euro. Cela passe par la disparition de la Troïka et la modification du rôle et des statuts de la Banque centrale européenne. Redéfinir les critères de financement des pays par la banque européenne d’investissement et une BCE qui doit pouvoir prêter directement aux Etats. Le PGE porte aussi l’idée de la création d’un fonds social européen pour pouvoir financer de grands investissements, des instruments de transition écologique ou encore de politiques sociales. La Commission européenne a refusé notre projet d’initiative citoyenne sous prétexte qu’il est contraire aux traités...

Des débats montent: sur les travailleurs détachés, sur le salaire minimum... C’est une bonne chose. Tout le monde fait le constat de l’impasse dans laquelle se retrouvent les pays soumis aux politiques d’austérité. Elles tirent l’Europe vers la récession et non vers la croissance. La question du dumping social redevient un sujet. L’inquiétude de la montée des populismes en Europe fait prendre conscience qu’à force de continuer cette politique, on encourage le rejet de l’Europe dans la population. Les sociaux-démocrates européens vont expliquer qu’ils sont un rempart contre les populismes en Europe. Mais ils n’ont aucune proposition qui va de pair avec leur discours! Comment peuvent-ils critiquer les politiques d’austérité et en même temps s’allier en Allemagne avec Angela Merkel?

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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