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ARAGON43

LA SNCF SUPPRIME DES EMPLOIS

24 Décembre 2013 , Rédigé par aragon 43 Publié dans #SOCIETE

LA SNCF SUPPRIME DES EMPLOIS
Quand les trains seront victimes de la rentabilité, les vaches ne regarderont plus les trains passer en ruminant l'herbage du prè mais en ruminant contre la rente.Bernard Lamirand

NOTRE SNCF EN DANGER D’EXISTENCE

Je suis un fils de cheminot et j’ai vécu mon enfance au rythme des passages de trains sur la voie ferrée Calais-Hazebrouck-Paris jouxtant le domicile de mes parents.

Je voyais passer le Calais Bâle, la flèche d’or, les convois de marchandises, des trains nombreux qui conduisaient les usagers vers leurs lieux de travail à Calais ou Saint-Omer.

Toutes les gares du parcours étaient des lieux de vie et de travail.

Mon père était cantonnier poseur de rail.

Le plus petit échelon et c’était un ouvrier qui aimait son travail, qui aimait la SNCF et qui n’a pas profité longtemps de sa retraite.

Lui et ses compagnons poseurs et réparateurs des voies ferrées avaient une haute idée du service public. Un train en retard, une voie ferrée dégradée, des herbes folles sur les voies, des locomotives usées ou mal entretenues, cela ne pouvait exister pour eux comme pour ceux qui, aujourd’hui, sont les salariés-es de la SNCF.

Le voyageur appelé familièrement « l’usager » était leur principal souci.

Il y avait le personnel nécessaire et les écoles de la SNCF préparaient au travail du rail pour perpétuer le métier.

On ne parlait pas de rentabilité mais ça roulait.

Je ne cherche pas à faire de la nostalgie mais de montrer que le service public était leur essentiel et ils ne mettaient pas en avant ce mot abominable de « rentabilité ».

Bref le profit.

Aujourd’hui, c’est cela qui fait exemple comme je l’ai encore entendu hier depuis l’annonce des suppressions d’emplois à la SNCF .

Et alors, moins de cheminots, moins de gares, moins de rails, moins de guichets, des rails et aiguillages que l’on répare avec retard, des locomotives et des voitures qui n’en peuvent plus, des arbres qui tombent sur les rails parce que cela coûtent trop cher de les étêter à temps etc…

Tout cela pour la « rentabilité »…..

Et puis le choix du tout TGV contre les transports régionaux, un maillage qui se rempli de trous au fur et à mesure de l’abandon de gares, de lignes, et des voyageurs qui devraient choisir le rail et qui, la mort dans l’âme, se dirigent vers la bagnole et les embouteillages monstres de nos villes saturées par les voitures et les gaz.

Des marchandises qui prennent le camion, des camions qui transportent des marchandises sur nos routes, les défoncent, avec des coûts pour nous contribuables et consommateurs, de l'entretien et de dépenses en gasoil énormes et des routiers payés à coup de trique, devenus des esclaves des "négriers" de la route.

Voilà la SNCF désossée, désarticulée et prête à être mis sous le boisseau de la rentabilité maximale et les dernières mesures que compte prendre ce gouvernement vont bien dans le sens de la préparer à la phase finale de la privatisation totale .

Tout cela pour les gros actionnaires des banques et des grands groupes du CAC 40 avides de rente.

Un coût du capital qui va couter cher en emploi et en vie sociale pour les usagers et les salariés de la SNCF.

Le but est clair, mettre celle-ci au diapason de l’intérêt privé et donc de substituer à la nationalisation la privatisation en mettant l’ensemble de la structure SNCF dans le système capitaliste avec des trains qui partiront à l’heure mais à l’heure H avec des parcours rentables et des seules lignes lucratives avec des salariés sans statut et sans syndicat pour les défendre et des usagers devenus des clients captifs.

Bref, un service contraint au profit et à des tarifs de plus en plus chers pour les clients et non les usagers qui n’auront plus qu’à payer ou avoir leur yeux pour pleurer.

Les Compagnies de chemin de fer d’avant guerre renaitront alors et referont leur BEURRE et leur apparition dans des chemins de fer qui ne seront plus un service de tous mais pour eux en capacité de payer les tarifs de plus en plus élevés.

Les trains partiront non pas en fonction de l’état des rails mais en fonction des résultats et des profits obtenus.

Avis aux usagers actuels.

Le combat des salariés de la SNCF est le vôtre, est le nôtre.

Bernard LAMIRAND

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