JEUNES : TEMOIGNAGE D'UNE RENCONTRE MOMENTANE

Publié le 2 Décembre 2013

JEUNES : TEMOIGNAGE D'UNE RENCONTRE MOMENTANE

OUI LES JOURS HEUREUX ON PEUT LES REVOIR SI ON SE RASSEMBLE

UN TÉMOIGNAGE D’UNE RENCONTRE MOMENTANÉ AVEC UN JEUNE OUVRIER

Ce matin, j’ai dû amener ma voiture au garage.

Je dois changer des pièces de suspension.

Comme le garage est assez éloigné de mon domicile, c’est un jeune ouvrier mécanicien du garage qui m’a ramené à la maison.

Un jeune, la vingtaine d’années à tout cassé.

Un petit quart d’heure avec lui dans la voiture et nous allons bavarder.

Au moment de passer devant l’ancienne usine Chausson Creil, à la question qu’il me posait si j’avais travaillé dans cette usine, aujourd’hui disparue et employant il y a une dizaine d’années près de 3000 salariés, je lui répondis que non, que j’étais un sidérurgiste en retraite.

Alors vint immédiatement sans que je le pousse à cela une exclamation : « la retraite, moi je ne l’aurais pas ! ».

Dure d’entendre un tel propos de la bouche d’un jeune.

Quoi lui réponde ? J’apparaissais comme un chanceux pour lui, j’osais lui dire que nous avions combattu pour l’avoir. Qu’il fallait maintenant combattre pour la garder et même l’améliorer et que pour cela il fallait s’unir entre travailleurs de toutes générations.

Cheminant, nous circulions dans le quartier où j’habite, là où la fermeture de Chausson a mis plus de 3000 salariés dehors, et aujourd’hui encore nombre d’entre eux n’ont pas retrouvé d’emploi ou vivent de périodes de chômage ou d’emploi précaires.

Ce jeune, qui avait l’air de connaitre le quartier me rajouta : oui du chômage mais aussi du travail non déclaré car les jeunes prennent ce qu’il y a.

Avant d’arriver à destination, je lui ai glissé que nous avions besoin de lutter, d’agir, d’empêcher de telles situations et pour cela s’unir. Il m'a regardé, l’air surpris d’une telle proposition, comme si cette idée paraissait comme iconoclaste.

Le parcours s’acheva ainsi que la discussion.

J’aurais bien voulu que l’itinéraire me ramenant chez moi soit plus long et poursuivre la discussion, mais nous étions hélas arrivé à destination. Nous nous saluâmes et il reparti vite vers son travail de mécanicien auto.

Quoi dire de cet échange impromptu, sinon de dire qu’il y a besoin de discuter, d’entendre, d’aider à ce que cette idée : « moi la retraite je ne l’aurai pas » se substitue à l’idée : « je vais combattre pour l’avoir ». Mais cela, comme pour les autres revendications, nécessite d’être auprès des hommes et des femmes qui n’y croient plus.

La belle manifestation d’hier à Paris ne serait qu’un épiphénomène, si chacun d’entre nous, militants, ne prenons pas le taureau par les cornes pour aller là où il faut convaincre que l’on peut changer le cours des choses et notamment parmi les gens les plus fragilisés par la crise et par la déception de cette gauche caviar au pouvoir.

Il y a du boulot et c’est là qu’il faut être au lieu de s’époumoner sur des peccadilles électorales.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #SOCIETE

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