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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

EMPLOI ET SALAIRES : ne nous laissons pas faire...

Publié le 1 Novembre 2013 par aragon 43 in syndicalisme

EMPLOI ET SALAIRES : ne nous laissons pas faire...

EMPLOI ET SALAIRES : « L’ANI » QUI VOUS VEUT DU MAL

Une grande discrétion règne sur l’application de l’Ani.

Rappelons ce qu’est l’Ani : c’est l’accord scélérat signé sous la pression du gouvernement socialiste par des dirigeants syndicaux aux ordres pour permettre au patronat de faire ce qu’il veut des salariés tant sur leurs salaires, leurs conditions de travail et avec la possibilité de déroger aux conventions collectives et aux lois qui couvrent le salarié en cas de licenciement.

Une discrétion toute relative puisque les patrons des grands groupes se sont emparés de cet accord, transformé ensuite en loi, pour la mettre en place notamment à Renault et PSA et aussi dans d’autres entreprises.

Le gouvernement, la main sur le cœur, disait alors que cet accord aurait pour mérite de contenir les plans de licenciements et dans un donnant-donnant magnanime patrons et salariés, la main dans la main, signeraient des accords évitant les licenciements et fermetures d’entreprise pendant le temps d’application de l’accord. Et pour bien montrer cette entente, je dirai cette collaboration de classe, la loi abandonnait les longues procédures des CE pour valider ou pas des plans dits sociaux et les inspections du travail étaient priées pour ainsi dire de la mettre en veilleuse.

C’était pour la galerie.

En effet, depuis cette loi, nous assistons à une vague de fermetures d’entreprises et de licenciements et peut dire sans risque de se tromper que l’accord a permis d’ouvrir encore plus les vannes des liquidations d’entreprises ou d’emplois pour faire davantage de bénéfice et pour délocaliser dans des endroits ou la main-d’œuvre ne dispose d’aucune garantie sociale et que les salaires sont plus que bas.

Bref, avec cet accord et cette loi de l’Ani, loi dite de sécurisation de l’emploi, nous assistons à une chasse à l’emploi et ce qui apparait bien c’est le cadeau fait au patronat de ne plus avoir aucune contrainte pour licencier et fermer des entreprises.

Nous ne sommes donc plus dans la situation des Continental ou des Goodyear, permetant, grâce à l’application des lois garantissant les conditions du licenciement, de bloquer et d’empêcher les dites fermetures d’entreprises industrielles notamment.

Les exemples derniers en Bretagne sont, sans aucun doute, la mise en œuvre de cette loi dite de sécurisation de l’emploi qui est plutôt la sécurisation des dividendes et l’autre exemple vientt de la Redoute qui va licencier des milliers de travailleurs. Cela montre à quel point le patronat va utiliser toute la loi pour se débarrasser des emplois en France et les concentrer là où le prix de la force de travail est presque nulle.

Ce matin, à la radio, un salarié complètement écœuré répondait qu’il ne voyait pas comment s’en sortir et considérait que la lutte était inutile.

Non, la lutte n’est pas inutile, elle est nécessaire, elle est même indispensable en ce moment et elle ne peut se limiter à obtenir les meilleures indemnisations.

Une lutte sans merci est à organiser et le monde du travail a besoin de s’unir, de se rassembler, d’exiger que ses revendications supplantent celles du patronat et en même temps d’interpeller sans cesse les élus de gauche et notamment ceux qui ont trahis leurs électeurs en votant l’ANI et la retraite à 67 ans.

Il s’agit donc de relever le défi, d’engager la lutte à la hauteur de l’enjeu, celui du rapport de force nécessaire pour retourner ce rapport de force en notre faveur, cela ne peut être que mener qu’avec une grande lucidité, celle de voir où en est le mouvement social actuellement.

Il est en état de faiblesse à tous les niveaux que ce soit dans les entreprises, les régions, les industries et services, au niveau national et international.

Il faut lui donner de la force et de l’unité. Et comme le disait un grand révolutionnaire l’unité est un combat.

Nous ne pouvons nous satisfaire de la division actuelle des salariés. Il faut les interpeller et en même temps leur dire que « le chacun pour soi » n’est que « le chacun pour le patron ». L’accord de l’Ani n’aurait jamais dû être signé et la loi votée si le monde du travail en avait fait son affaire.

Il est une question primordiale, celle de la force organisée laissée en jachère ces dernières années.

Là, le bât blesse, il s’agit de se sortir de cette situation inacceptable et le dire franchement aux travailleurs.

On ne peut espérer vaincre le patronat avec un aussi faible taux de syndicalisation dans notre pays.

Tout le potentiel militant et dirigeant, celui de la CGT, doit être portée vers ce redressement en forces syndiquées et en revendications offensives .

L’avenir du syndicalisme de classe et de masse en dépend.

Bernard LAMIRAND

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