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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

COUT DU CAPITAL : INTERVENIR A L'ENTREPRISE

Publié le 29 Novembre 2013 par aragon 43 in syndicalisme

 COUT DU CAPITAL : INTERVENIR A L'ENTREPRISE

Ambroise Croizat et son cabinet ministériel

LES COMITÉS D’ENTREPRISE UN ENJEU DANS LA BATAILLE DE CLASSE

Depuis des années, le patronat ne cesse de se plaindre des charges qui l’encombrent et ne lui permettent pas de réaliser une économie libérale où la loi de l’offre soit satisfaite.

Une loi de l’offre qui vit avec le profit maximum comme ami inséparable.

Un profit qui a besoin de se développer en ce moment pour remplir les coffres forts des banques capitalistes et surtout des grands groupes multinationaux.

L’autre loi, celle de la demande, celle des salariés, n’aurait qu’à se prosterner devant le profit à réaliser coûte que coûte, d’où la lettre de Gattaz aux organisations syndicales exigeant pour ainsi dire que celles-ci cèdent tous leurs acquis sociaux .

Le parti communiste français vient de décider d’une grande campagne pour débusquer les coûts du capital. Il a raison.

De même la CGT qui est résolu à engager la lutte en redonnant toute sa valeur au prix de la force de travail et donc les salaires et les retraites, l’emploi et les conditions de travail.

C’est donc bien la demande qui compte pour faire redémarrer la croissance et l’emploi. Mais pour cela il faut donc que les salaires redeviennent l’alpha et l’oméga de la vie au travail, que les qualifications soient reconnues et payées à leur juste prix, que le temps de travail soit celui de l’emploi à durée indéterminée.

Et leur juste prix ne peut être le rabaissement sans cesse du prix de la force de travail pour favoriser les profits.

Surtout quand nous voyons l’état déplorable des fiches de paie des travailleurs en ce moment et particulièrement de cette masse de précaires, de cette armée de réserve comme disent les patrons qu’on utilise qu’à bon escient avec des fiches de paie remplies de blancs.

Des fiches de paie où s’affichent les quelques heures de travail obtenues par ci- par là, des qualifications dévalorisées, bref de totaux nets qui bougent et soustraient de mois en mois avec les quelques heures octroyées dans les conditions de surexploitation, avec les périodes de chômage indemnisées au minimum etc.

Partout les conventions collectives sont bafouées et les minimas sont devenus que des repères abstraits.

De plus, l’emploi est devenu un variable d’ajustement, une sorte de mécanisme où le salarié est assujetti par des temps de travail de plus en plus précaires.

De voir des jeunes être obligé de prendre ce que le patron veut bien leur donner (quelques heures et au moment où il en a besoin) montre à quel point le patronat pèse de tout son poids pour exploiter au maximum et à l’heure H et payer au minimum.

Il faut renverser cette échelle mortifère qui appauvrit le monde du travail en activité et en retraite.

Le PCF veut engager avec toutes les forces de gauche un grand débat sur ces questions de même sur la fiscalité qui frappe un monde du travail alors que le monde de la finance et du profit se libère de l’impôt par toutes sortes de ruses où de magouillages.

Ce débat doit être au près des travailleurs.

Nous avons conquis à la libération des droits nouveaux pour intervenir dans la gestion de l’entreprise.

Ce fut une grande bataille, De Gaulle voulant la limiter à des œuvres sociales comme le faisaient auparavant les maitres de forges et leurs théories paternalistes.

Croizat, ministre communiste du travail et de la Sécurité sociale imposa l’intervention des salariés dans le fonctionnement de l’entreprise avec les comités d’entreprises où il refit l’ordonnance de 1945 pour attribuer des droits aux salariés dans la marche et le fonctionnement de l’entreprise.

Ces comités d’entreprises n’avaient cependant qu’un droit de consultation et d’expertise des comptes.

Aujourd’hui , ce droit est devenu insuffisant face aux mesures patronales défaisant l’emploi et procédant à la liquidation d’entreprises en France pour faire davantage de profit en les délocalisant là où la main d’œuvre est sous rémunérée.

Il me parait important de redonner à la veille du 70eme anniversaire de la création des comités d’entreprises, toute l’importance de ceux-ci, et de dépasser le droit à l’information, à la consultation et imposer un droit de veto de décisions patronales, notamment en cas de licenciements boursiers ou des fermetures et délocalisations qui ne se justifient pas.

Le CGT va organiser le débat sur le coût du capital, elle a raison, il importe de le faire dans tous les lieux de travail et les syndicats pourraient être à l’initiative de débats dans les comités d’entreprises en posant la question du rôle nouveau de ceux-ci sur le plan économique, industriel et social.

Face à la crise, au manque de perspectives, à la désolation actuel du social à cause des coups de boutoirs du capital, il importe de se parler dans les entreprises et je pense qu’un créateur comme le fut Croizat nous dirait aujourd’hui qu’il faut aller à la conquête de nouveaux droits dans l’entreprise face à la dictature du capital.

Bernard LAMIRAND

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