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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE DECLARATION PCF

Publié le 14 Novembre 2013 par aragon 43 in communisme

CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE DECLARATION PCF

EN AVANT TOUTE : journal des communistes des Chantiers de Saint-Nazaire 2013

N°05/2013

!

La navale ne sera jamais une industrie en déclin tant que 80% du globe sera couvert de mers et d’océans. La navale sera toujours un mode de transport bien plus écologique en infrastructure et en énergie, si on lui en donne les moyens, que n’importe quel transport routier, aérien et même ferroviaire.


Des commandes de navires plutôt que la programation du recul social


Plutot que de dépenser son énergie à dénoncer les accords d’entreprises pour baisser les salaires et augmenter le temps de travail, Mr Castaing devrait plutôt œuvrer à augmenter le carnet de commandes au lieu de refuser celles qui se présentent (paquebots fluviaux).

Il devrait faire jouer ses connaissances, tant en navale qu’en activité portuaire, pour accrocher les armateurs. Ce qui fait compétitivité et rentabilité, ce sont les navires en série. Il n’est plus acceptable de voir les armateurs nationaux aller construire leurs navires en Asie du sud-est au moment ou les chantiers français sont en difficultés.

Lui qui vient d’être nommé directeur de projet sur le navire du futur par le ministre Montebourg, ne doit pas sacrifier le présent car alors il n’y aura pas d’avenir. Il s’honorerait d’aller à la chasse aux armateurs, et aux commandes au lieu dépenser son énergie à casser du syndicalisme et les statuts. Le reste alors suivra.

SNCM, BAI pour les ferries certes, mais aussi CMA CGM, Louis Dreyfus armement, Euronav etc. pour les grands navires, mais aussi les liaisons avec les îles du ponant, le cabotage pour alimenter le chantier de Lorient, le besoin de méthaniers de nouvelles générations pour EDF, GDF, de pétroliers pour Total, les porte conteneurs pour CMA CGM, etc… Ouvrez les yeux M. Castaing, il y a là beaucoup d’urgence à satisfaire.

Les perspectives ne manquent pas, encore faut-il s’en occuper. Le rôle d’un directeur général d’entreprise est bien d’alimenter en travail l’outil industriel. C’est bien plus noble, plus efficace et plus urgent que de « casser du salarié et le syndicalisme de lutte !

Avoir les moyens de prendre 20 millions d’heures de travail de commande

Il n’est pas tolérable de voir une direction refuser des commandes alors que manquent toujours 20 millions d’heures de travail sur 3 ans pour sortir les chantiers du chômage partiel et mettre au plus vite un terme à l’hémorragie d’entreprises et d’emplois qui frappe le tissu des sous-traitants.

Mr Castaing devrait se rappeler qu’au temps où il était directeur de production des chantiers, à la période du Queen Mary II, il y avait plusieurs navires à construire simultanément.

Si aujourd’hui les chantiers ne savent pas répondre à la commande de 3 navires fluviaux, cela ne doit donc rien au cout du travail mais bien à la réduction du projet industriel des chantiers passé ces dernières années de 5 équivalent paquebots à 1,5 navires par an.

La nécessité se fait sentir d’avoir un chantier plus performant !

  • La réalisation du grand portique et de tables élévatrice pour l’armement des panneaux aussi importants soient ces investissements, ne suffiront pas à eux seuls à répondre aux besoins de doter les chantiers d’une plus grande capacité de production pour répondre aux besoins d’une flotte mondiale en progression constante, avec des navires de plus en plus imposants.
  • Il y a besoin de surfaces importantes et il y a besoin de nouveaux investissements. Aménager le bassin C en véritable cale de construction complémentaire avec portique et quai d’armement.
  • Une diversification vers la construction de plate forme off shore serait bien plus efficace et crédible qu’une diversification vers l’éolien fut-elle à l’échelle « mondiale » puisque M. Castaing constate lui-même que l’éolien en France n’amènera jamais autant de charges de travail qu’un seul paquebot !
  • Une cale spécifique pourrait voir le jour sur une partie du parking de la base vie bâtie avec du remblai et beaucoup d’aides publiques. Il serait possible de le déblayer et creuser pour cette fin. Notons que Total, entreprise française, fait construire ses immenses plate- formes pour les champs africains en Corée.

Quel(s) industriel(s) faut-il aux chantiers, pour quel projet d’entreprise ?

A l’annonce quasi-officielle de la vente par STX de ses chantiers européens, le monde politique nazairien et régional s’est empressé de réclamer une participation accrue de l’état, voir la nationalisation ou régionalisation ( ! ) totale de l’entreprise. La question prioritaire est : pour quoi faire ! Les communistes rappellent que l’état est de longue date un actionnaire de référence aux chantiers. Il n’a guère aidé les chantiers à sortir par le haut des 1,5 navires par an !

L’ambition et le projet industriel et social doivent donc être réévalués, y compris ceux de l’Etat.

Pas sûr que le gouvernement y soit prêt. Le 27/10, M. Moscovici a déclaré sur Europe 1 : les chantiers ont « une qualité exceptionnelle et des commandes pour plusieurs années (...) nous veillons à la structure capitalistique mais ni l'activité ni l'emploi ne sont menacés". Le chômage partiel et les faillites des sous-traitants ne l’empêchent pas de dormir !

C’est « la performance industrielle qui compte » a-t-il dit doctement. Mais ne pas savoir répondre à des commandes dans de telles conditions (câblier pour France Télécom par exemple), ce n’est pas être performant : ni socialement, ni industriellement !

Quand l’enjeu de la navale sera-t-il pris au niveau nécessaire ?

Les communistes s’étonnent notamment du peu de réaction du ministère du redressement productif à l’annonce que les chantiers ne pouvaient répondre à la commande des navires fluviaux !

  • Nous invitons les élus politiques de la région à se saisir de ce scandale industriel et social pour exiger que l’Etat joue mieux son rôle d’actionnaire industriel.
  • Nous les invitons aussi à exiger du gouvernement qu’il responsabilise le patronat de la filière navale.
    C’est dans cet esprit que le conseil régional des Pays de Loire vient de voter un vœu allant dans ce sens.

Depuis des décennies, aucune entreprise privée française de la filière navale n’est actionnaire des chantiers, le dernier grand chantier naval du pays ! Les armateurs se sont récemment déclarés prêts à assumer leur responsabilité sociale sur la qualité et la sureté des navires, le pavillon français et le statut des marins. Ils doivent étendre leur champ de responsabilité à la construction et la réparation navale : c’est pour eux un moyen de maitriser l’évolution technologique et les couts de production de leurs navires sur la longue durée.

Rendre industriellement « désirables » les chantiers

Interrogé lors de la mise à flot du BPC russe sur la perspective du désengagement coréen, M. Castaing a déclaré que « la vente de STX ne serait pas « forcément triste : être acheté, c’est être désiré ! »

Reste pour lui à bien choisir l’objet du désir de l’éventuel repreneur...

  • la baisse des coûts salariaux, la casse du statut, l’allongement du temps de travail à travers l’honteux objectif de la dénonciation des accords, des salariés avec le moral dans les chaussettes ? L’action du 31 octobre aux chantiers doit amener M. Castaing à sortir de son ambition contre les salariés
  • ou un carnet de commandes assurant 30 millions d’heures de travail sur les 3 ans à venir et un outil industriel en capacité d’assurer ce rythme minimum de 30 millions d’heures de travail en permanence, donc une sortie définitive du chômage partiel aux chantiers et la relance de l’activité chez les sous-traitants ?


Plus que jamais, l’avenir de la SNCM doit être définitivement assuré ! La nouvelle DSP doit entrer au plus vite en application afin que les commandes des ferries se concrétisent rapidement. Il faut que les chantiers se dotent de tous les atouts possibles pour répondre aux exigences de délais de livraison de la SNCM.

Il est urgent que le gouvernement siffle la fin de la partie et fassent taire les imbroglios et manques d’engagements financiers entre lui-même, la région corse, Veolia, la ville de Marseille. Les communistes des chantiers invitent les élus de Loire-Atlantique à faire entendre la voix de la raison aux différents acteurs de ce dossier

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Velain Francis 14/11/2013 17:37

Merci à Bernard de se faire l'écho de la lutte difficile et hautement stratégique que mène les communistes des chantiers pour l'industrie et l'économie du pays de Arcelor aux marins de la SNCM, en passant par un important tissu de sous-traitants.

Au moment où le patronat, la droite et pour tout dire, la réaction, se couvrent de bonnets rouges, cette lutte des chantiers de Saint-Nazaire montre que le peuple de gauche a les moyens de reprendre la rue et la voie de l'émancipation