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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

ASSEMBLEE NATIONALE : LES SOCIALISTES VONT VOTER LA RETRAITE A 67 ANS

Publié le 26 Novembre 2013 par aragon 43 in syndicalisme

 ASSEMBLEE NATIONALE : LES SOCIALISTES  VONT VOTER LA RETRAITE A 67 ANS

UNE REFORME DES RETRAITES DESTRUCTRICE A COMBATTRE

Cet article vient après le vote de l’Assemblée nationale le 15 octobre et après la discussion au Sénat qui n’a pas adopté le projet gouvernemental.

L’on sait qu’en dernière lecture, c’est l’Assemblée Nationale qui aura le dernier mot ce jour.

Le dernier mot, peut-être dans les hémicycles, mais pas dans la rue et dans les lieux de travail où le mécontentement et surtout la colère et la déception sont immenses.

Nul doute que cette loi sera à remettre en cause et les salariés et les retraités s’y emploieront tôt ou plus tard quand la désillusion fera place à la lutte et cela ne saurait tarder.

Qu’un gouvernement de droite voulait remettre en cause les acquis de 1945 en matière de Sécurité sociale et notamment la retraite, on le savait depuis que Croizat et ses camarades ont construit la retraite par répartition et solidaire, mais qu’un gouvernement socialiste s’en fait l’acteur et tiens les mêmes arguments que la droite, alors il y a de quoi en perdre son latin comme on dit.

L’intervention d’André Chassaigne président du Groupe GDR lors du vote de l’Assemblée nationale a été, en ce sens, pour flétrir une politique qui s’en prend aux salariés et aux retraités pour protéger les profits et les rentes des gros actionnaires sous la base du coût du travail à réduire sans jamais aborder celui du coût du capital.

Bref, ce gouvernement a acquiescé à l’oukase de Denis Kessler, ancien vice président de Medef et Assureur, qui doit se frotter les mains en ce moment et qui déclarait en 2007 dans les colonnes du journal patronal Challenges : Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie…

La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » …

Voilà ce qu’est cette loi sur la réforme des retraites votée par des godillots socialistes au détriment du peuple, une loi répondant aux désidératas du patronat.

Cette loi va faire mal aux travailleurs qu’ils soient en activité, au chômage ou en retraite.

Pour les générations qui vont accéder à la retraite, celle-ci sera progressivement amenée à 43 ans de cotisations pour avoir la retraite à temps plein, c'est-à-dire sans décote.

Les générations actuellement au travail ne pourront, à terme rapproché, que partir successivement de 62 ans cette année jusqu’à 67 ans au plus tard en 2040 si l’on considère que beaucoup d’entre eux ne trouvent pas de travail avant 25 ans en moyenne et encore dans les pires conditions.

Les jeunes sont donc particulièrement visés et ont raison de se mobiliser.

Le gouvernements socialiste passe ainsi à la trappe la retraite à 60 ans, une des grandes décisions de la Gauche sous le gouvernement Mauroy de 1982.

7 ans de retraite auront été pris aux salariés successivement par les gouvernements de Chirac, Sarkozy et de Hollande.

Mais 7 années, les meilleures de la retraite, puisque la santé se détériore nettement après 70 ans et une récente étude indique que l’espérance de vie en bonne santé se réduit en ce moment y compris avant 65 ans.

Donc des retraites plus tardives et en mauvaise santé. Mais aussi des hommes et des femmes qui devront travailler jusque 67 ans ou alors vivre de boulots précaires ou pire encore d’un chômage qui se manifestera massivement pour ces travailleurs âgés mis à la porte bien avant la retraite.

Dans ce cadre, la jeunesse d’aujourd’hui aura la double peine, celle du chômage endémique jusque les années 25-30 ans et elle le retrouvera encore plus durement dans les fins de carrières entre 55 et 67 ans.

Rien ou presque pour les femmes où la réponse réside dans une étude à réaliser, je cite la loi : « De suivre l’évolution des écarts et inégalités de pensions des femmes et des hommes, et d’analyser les phénomènes pénalisant les retraites des femmes, dont les inégalités professionnelles, les temps partiels et l’impact d’une plus grande prise en charge de l’éducation des enfants. » Une manière de botter en touche.

Mais cela n’est pas tout, que seront les retraites ou les pensions quand ce gouvernement affiche comme mesure la désindexation et le recul en septembre de revalorisations prévues en avril par rapport aux indices des prix. Une manière de faire qui pourrait se reproduire à la première occasion.

Une retraite qui subira aussi un travail de sape avec des décisions confirmant la remise en cause des avantages liés à la famille par rapport à la demi-part pour avoir élevé des enfants et sans omettre les cotisations supplémentaires que devront payer les retraités-es.

Le gouvernement annonce des mesures pour les travaux pénibles, elles ne seront que très limitées et l’annonce d’un décret d’application laisse apparaitre que les travailleurs ayant été exposés auront avec parcimonie quelques trimestres supplémentaires même s’il est dit que la liquidation des points acquis, sous réserve d’un nombre suffisant, peut intervenir à partir de 55 ans.

Concernant le financement, l’augmentation des cotisations à part égale entre l’entreprise et le salarié est une tromperie puisque le patronat se verra rembourser par la baisse de ses cotisations concernant les allocations familiales.

Le gouvernement s’est refusé à faire payer le capital mais par contre il a ouvert les vannes concernant les salariés et les retraités.

D’autre part, il est envisagé quelques filets protecteurs pour les basses retraites mais cette annonce est interprétable parce qu’elle risque d’être prise en déshabillant Pierre qui a une retraite au dessus des minimas sociaux pour rhabiller modestement Paul par une aumône.

Il est d’ailleurs dit dans les responsabilités du Comité d’experts ceci :

Le pire dans cette loi est donc atteint quand est créé un organisme composé d’experts et donc sans la présence des syndicats, qui aura pour mission, si la situation viendrai à ne pas permettre le redressement des comptes, à suggérer des mesures autoritaires que les gouvernements entérineraient automatiquement et là le patronat pourra se frotter les mains, il aura l’outil idéal pour faire décréter la retraite plus tardivement comme elle se développe dans les autres pays européens ou encore augmenter les cotisations salariales ou réduire les retraites et pensions.

Ce texte de loi, du fait du retardement de l’âge de la retraite, du fait de pensions qui vont être réduites par des désindexations, comme c’est déjà le cas pour les retraites complémentaires ou par des revalorisations supprimées ou retardées comme celles de cette année différées en septembre au lieu d’avril après avoir été auparavant recalculées de Janvier à Avril sous sarkozy, montre que c’est bien le retraité qui est visé et non le capital où les dividendes grossiront au fur et à mesure du désengagement de l’entreprise dans les cotisations sociales et surtout de l’application de cette loi frappant les salariés et protégeant le capital.

Oui, nous avons à nous faire du souci sur nos retraites et pensions, elles seront marquées par des périodes de chômage qui iront jusqu’à 67 ans et donc sur les meilleures années qui sont passées de 10 années à 25 avec les décrets Balladur de 1993 jamais remis en cause et qui prendront en compte de plus en plus de précarité au travail et donc réduiront les retraites comme une peau de chagrin : la loi produira en effet plus d’années noires sous la conjugaison d’un âge tardif pour trouver du travail, de période de chômage, d’emplois précaires, qui viendront abaisser automatiquement les ressources au moment de la retraite.

Il est évident que la lutte est à engager pour le pouvoir d’achat des retraités d’aujourd’hui et pour ceux de demain qui subiront les effets de cette loi et qui les amènera inexorablement à devenir des retraités pauvres, voir très pauvres.

C’est certainement ce qui arrivera si les luttes ne sont pas engagées à la hauteur de ce que doit d’être des retraites décentes et à un âge de 60 ans où l’on peut enfin vivre une vie nouvelle de retraité après une vie de travail de plus en plus morcelée, hachée, précarisée et stressante.

Nul doute aussi que le combat devra se mener contre toutes les formes d’assurances privées de capitalisation qui vont naitre sur ce déni de la retraite par répartition et solidaire où le salarié alors devra faire sa retraite en cotisant seul et sous les formes le plus aléatoires et rien ne dit qu’il en reverra la couleur pour ceux qui pourront y souscrire comme ce fut le cas avec des fonds de pensions américains ou anglo-saxons qui se sont écroulés avec la crise.

Oui, cette loi est à dénoncer comme mortifère non seulement aux jeunes et aux actifs qui en subiront les pires conséquences mais aussi aux retraités actuels dont les retraites sont en lien direct avec l’emploi et les salaires des actifs dans cette chaine de solidarité qui n’est autre qu’un salaire socialisé.

Une loi peut en défaire une autre dit-on, cette loi scélérate doit être combattue par tous les salariés et les retraités.

Bernard LAMIRAND

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