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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

CHANGEMENT D'HORAIRE

Publié le 27 Octobre 2013 par aragon 43 in SOCIETE

CHANGEMENT D'HORAIRE

CHANGEMENT D’HORAIRE

Nos montres, nos réveils, nos horloges et carillons, nos horodateurs de nos ordinateurs et de nos voitures ont cette nuit retardé d’une heure leur course vers l’éternité.

Un heure c’est peu et c’est beaucoup dans l’océan de l’univers.

Une heure de retardement pour quelques tonnes de pétrole en moins alors que d’autres possibilités existent pour réduire cette consommation.

Nous sommes à l’heure des retranchements.

Les patrons nous invitent à retarder notre sortie du boulot et à travailler quelques moments de plus gratuitement pour respecter l’accord scélérat de la Sécurisation de l’emploi ou bien ils instituent des horaires limités selon leurs besoins.

Des hommes et des femmes scrutent leur montre pour aller se faire exploiter pour quelques heures savamment distillées par un patron profiteur.

Le réveil devient de plus en plus un instrument d’aliénation et de servage.

Le libéralisme nous invite toujours à retrancher des moins sociaux pour des plus en dividendes agrandissant les temps de travail gratuit.

L’Europe ne cesse de retrancher des coûts du travail et de nous imposer l’horaire capitaliste de l’austérité.

Il faudrait réduire le coût du travail considéré comme préjudiciable à la compétitivité ; un mot qui revient comme un leitmotiv que nous devrions mettre dans le calendrier comme celui d’une sainte.

Mais la sainte compétitivité c’est toute l’année : peut-être trouveront-ils l’idée de nous retrancher une journée fériée pour travailler gratuitement pour la sainte compétitivité des profiteurs.

Partout les salariés sont précarisés, leurs horaires deviennent souples, le temps leur est évalué comme partiel et la paie mensuel calcule des horaires à la carte .

Les embauches se font avec des horaires dit décalés. Mais qui est décalé sinon que ceux qui imposent cette mal-vie qui stresse et qui ne tue pas seulement le temps mais la vie.

Les salariés ne parlent plus de temps de pause, celles-ci ont disparues remplacées par le temps plein et le juste à temps ou encore le temps flexible.

Aux Champs Élysées, le temps n’est plus chiffré, n’existent plus ni la nuit ni le jour pour que les grandes enseignes tournent et rapportent à la seconde près.

A l’Élysée, l’horloge ne tourne plus rond, depuis longtemps, mais elle a tendance à toujours plus retardé et à faire des sautes ; l’horloger ne semble plus maitriser ni le temps de gauche, ni les quelques misérables promesses de sa campagne.

Il avait promis que dans l’heure qui suivrait son élection il réglerait le compte de la finance, depuis le carillon bourdonne en faveur des temps de profits.

Le président et son gouvernement se sont achetés comme le prédécesseur des Rolex, celles-ci ne font que retarder l’âge de la retraite au point qu’il va bientôt falloir rajouter des chiffres au dessus de 70 ans pour terminer le circuit professionnel.

Le temps est maussade pour la vieillesse condamnée à égrener la période restreinte d’une vie nouvelle en retraite comme Brel l’a chantait avec sa belle et triste chanson : « Les Vieux ».

A l’intérieur, c’est un contre la montre pour renvoyer le plus vite possible les immigrants et des temps records sont prévus pour réexpédier les Roms.

Une jeune fille n’a pas eu le temps de pointer sa présence à l’école, elle a été renvoyée illico-presto en Roumanie où n’existe plus le temps.

En Méditerranée, les embarcations humaines font naufrage et le temps Européen n'est pas de les secourir mais de le laisser périr pour l'éternité.

Dans les agences de l’emploi, les temps d’attente grandissent comme dans les services d’urgence des hôpitaux et le nombre d’emplois vacants et de lits dépendent d’un temps perdu à chercher ce qui n’existent plus par la faute de la temporalité capitaliste.

Dans les gares, les trains affichent des horaires désordonnés au fur et à mesure de l’abandon de l’entretien, du nombre de cheminots insuffisants, de matériels usés jusqu’aux rails par les temps qui courent de roulement.

A droite, une maquerelle, tente de remonter l’horloge de Pétain et de la haine entre français comme au vieux bon temps de la collaboration.

Toujours à droite, dans le sens de l’aiguille d’une montre, les derniers gaullistes se réfugient dans le vieux temps du père De Gaulle. Même leur excursion annuelle à Colombey risque d’être annulée par les Sarkozystes membres du club de l’horloge.

Dans les ordinateurs, les portables, les grandes oreilles américaines ne comptent plus les heures de longs discours qu’ils enregistrent et les paroles austères de Merkel et de Hollande qui ont décidé de ne rien décider qui fâche le grand horloger américain pour ne pas perdre du temps pour détruire un siècle de construction sociale avec cette officine de la Communauté Européenne.

Et puis le temps continue, implacable, l’histoire dira pourquoi l’horloge retarde en ce moment alors qu’il faudrait l’avancer vers le progrès et l’humain d’abord.

Ce matin des hommes et des femmes et des enfants se réveilleront et mettront leur montre à l’heure ; espérons qu’il la mette à l’heure de la lutte.

Bernard LAMIRAND

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