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ARAGON43

Mon site relate les événements syndicaux, sociaux, politiques, culturels et environnementaux .

CALAIS LE VIVRE ENSEMBLE OU LA HAINE !

Publié le 31 Octobre 2013 par aragon 43 in SOCIETE

CALAIS LE VIVRE ENSEMBLE OU LA HAINE !

Un article dans l’humanité de ce jour a retenu mon attention.

Madame Bouchart, maire de CALAIS, incite les citoyens de cette ville à dénoncer des êtres humains en perdition dans cette ville et qui cherchent à passer la Manche pour rejoindre l’Angleterre et s’y établir : peut-être comme les parents de Madame Bouchart ont pu le faire dans les années d’exode des populations arméniennes et polonaises en se réfugiant dans notre pays pour y vivre avec leur famille et y être partie prenante.

Elle demande aux calaisiens de signaler à la mairie des squats de migrants à Calais. Peut-être que s’en est trop de voir ces pauvres gens trouver un hâvre pour quelques instants afin de se protéger du froid et de pouvoir dormir un peu.

Chacun se souvient que Sarkozy voulait en finir avec cette population migrante de Sangatte en supprimant le lieu d’accueil dont ces migrants disposaient avant de quitter Calais pour l’Outre-manche.

Alors il n’y a pas de quoi s’étonner que ces gens dans la misère cherchent l’abri de fortune qu’ils peuvent trouver.

Madame Bouchart, en leur refusant cette possibilité, les traite pire que le traitement infligé à des « toutous » qui eux ont droit à une niche quand leur propriétaire ne leur octroi pas le coussin du salon ou un coin dans la salle à manger.

On aurait pu se dire pourquoi Madame Bouchart de l’UMP, maire de Calais depuis une mandature, ne l’a pas fait avant. Mais ce serait tomber dans une espèce d’acceptation de cette chasse à l’homme et je ne m’engagerai pas sur ce terrain.

En fait, Madame Bouchart a simplement l’idée d’utiliser cette situation d’hommes et de femmes qui partent de leurs pays d’origine à cause de la misère, de la guerre, des dictatures, pour continuer à régner à Calais en réunissant sous sa bannière toute la réaction calaisienne de droite et d’extrême droite et en particulier le Front National qui l’ont élu dans ces conditions en 2008.Il s’agit de rééditer cette manœuvre et tenter de faire oublier l’échec cuisant de sa politique municipale à Calais.

Calais n’est pas une ville de droite et d’extrême-droite, elle apprécie le vivre ensemble, elle a des racines internationalistes, ne serait-ce que par l’accès à la mer et la proximité de l’Angleterre et l’étranger n’a jamais été un ennemi.

Son ennemi est le chômage et notamment celui de la jeunesse calaisienne réduit à des petits boulots ou à pointer à l’agence de l’emploi.

Calais souffre en effet du chômage massif dans cette ville ouvrière où madame Bouchart a contribué à ce que celui-ci grandisse sous le quinquennat de son ami Sarkozy qui a détruit tant d’emplois dans cette ville que le chômage est devenu endémique et que son port et ses industries telles le textile, le tulle en particulier, la métallurgie ont subi de plein fouet la politique patronale du profit et de la réduction des coûts du travail mis en place par la droite et malheureusement aujourd’hui par le parti socialiste.

La droite calaisienne n’est pas à son premier coup d’essai à Calais et chacun peut se rappeler la gestion de la ville du temps du beau frère du général de Gaulle, par le maire d’alors, le gaulliste Jacques Vendroux, industriel du biscuit, qui avait mis la ville dans une situation financière déficitaire au point que les calaisiens ont dû en subir les conséquences pendant des années après et grâce aux communistes et en particulier à mon ami et camarade Jean Jacques Barthe, ils ont remis petit à petit cette ville sur pied et c’est ce qu’a continué à faire Jackie Hénin inlassable défenseur du monde du travail dans sa ville mais aussi comme député européen.

Calais est une ville où j’ai plein de souvenirs, où j’ai étudié, travaillé, où j’ai ma famille ; c’est une ville de tradition ouvrière, cultivant l’accueil, l’amitié, la fraternité et où les gens s’entraident et ne formulent pas les haines et les dénonciations.

Madame Bouchart croasse et jette son dévolu sur les décombres de la misère pour rester au pouvoir de cette ville qu’elle a conduit au désastre de l’emploi.

Que serait la vie à Calais et ailleurs si cette méthode venait à se développer de dénoncer le sans-abris, demain le voisin qui ne plait pas ou celui qui passe dans la rue et que l’on considère qu’avec sa tête il ne doit pas avoir la conscience tranquille.

Et puis, pourquoi ne pas réinventer les lettres de dénonciation que Pétain et son régime encourageaient pour rechercher les résistants-es et ceux dont on doutait de leur collaboration ou encore concernant les juifs, les communistes et les roms à dénoncer.

Oui, cette ville de Calais, doit retrouver sa sérénité et surtout combattre le chômage qui y règne et dont Madame Bouchart a contribué sous l’ère Sarkozy à l’alourdir encore plus.

Les « Étrangers » qui font escale à Calais, souvent dans les pires conditions, ne sont pas responsables de cette situation et il est trop facile d’en faire les boucs émissaires alors que le problème de la misère qui se développe à Calais et ailleurs viennent des amis de Madame Bouchart et aussi de ce Front national.

Derrière la dénonciation des squats, c’est la haine comme solution, l’histoire nous dit que celle-ci ne peut qu’entrainer qu’à l’indicible, qu’à la catastrophe, à ne pas vivre ensemble et à aller jusqu’à détester son voisin de palier.

Alors, oui, cette ville doit rester ce qu’elle a toujours été, une ville ouvrière où la justice, l’amitié, la combativité, la convivialité en fait une ville où il fait bon vivre et comme le disait Jackie Hénin : Calais est une ville où la population calaisienne est d’une grande sagesse, d’une profonde humanité. C’est cela l’essentiel, et c’est cela Calais : une ville de respect, d’humanité, de courage disait-il..

Bernard LAMIRAND

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